Impôt sur le revenu : la campagne 2026 débute, grogne à la DGFiP
information fournie par Boursorama avec Media Services 10/04/2026 à 14:47

Des syndicats ont alerté en mars sur 20 suicides et 30 tentatives de suicide parmi les agents des finances publiques depuis début 2025, estimant "insuffisant" le plan de prévention mis en place.

( AFP / PHILIPPE HUGUEN )

Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, s'est rendu vendredi 10 avril dans l'Oise à l'occasion du lancement de la campagne de déclaration des revenus 2025, sur fond de grogne d'agents des finances publiques concernant leurs conditions de travail.

Quelques agents des impôts ont manifesté devant la direction départementale des finances publiques à Beauvais, en marge de la visite du ministre, qui les a reçus par la suite. La veille, des mobilisations avaient eu lieu dans plusieurs centres des finances publiques du Nord.

Des agents de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) "sont extrêmement engagés" et "font face aussi à des situations difficiles, parce qu'ils sont en première ligne de la détresse de personnes qui viennent les voir parfois dans des conditions financières compliquées", a déclaré David Amiel devant la presse.

"Ils subissent aussi un certain nombre d'agressions, parfois, et cela fait partie des missions prioritaires" fixées à la DGFiP et dans les autres services publics "que de répondre beaucoup plus vite pour protéger les agents quand ils en ont besoin", a ajouté le ministre.

Des infrastructures à bout de souffle

Née de la fusion entre la direction générale des impôts (DGI) et celle de la comptabilité publique (DGCP), la DGFiP compte environ 95.000 agents. Parmi eux, les syndicats ont alerté en mars dernier sur 20 suicides et 30 tentatives depuis début 2025. "Les suicides, c'est ce qu'il peut y avoir de plus dramatique pour une administration", chaque cas est pris "avec la plus grande gravité et le plus grand sérieux", a affirmé vendredi M. Amiel.

Bernadette Philips, secrétaire départementale FO Finances publiques dans l'Oise, a dit avoir pu aborder les sujets qui fâchent avec le ministre: "Souffrance au travail, conditions matérielles dégradées, effectifs, agressions par les usagers et management toxique aussi, qui se développe beaucoup".

"On a des services avec les plinthes moisies, des fuites partout (...), des toilettes bouchées, pas réparées depuis plus d'un an", a-t-elle déploré, ironisant sur le "coup de ménage" fait pour la venue du ministre. "Les collègues sont inquiets pour le début de cette campagne des impôts. Jeudi, il y a eu des mobilisations à Cambrai, le site était fermé, mais aussi à Tourcoing, Lomme, Roubaix et Valenciennes", a aussi déclaré à l'AFP Mathieu Silbermann, secrétaire départemental FO Finances publiques dans le Nord. Lui aussi a dénoncé "les suppressions d'emplois, la surcharge de travail, les mauvaises conditions de travail, les incivilités" ainsi qu'un "recul du service public".