Impact des canicules sur l'agriculture française : la récolte 2026 de blé nettement "en dessous des attentes", alerte sur le maïs information fournie par Boursorama avec Media Services 20/07/2026 à 12:07
Le groupe spécialisé Argus Media fait notamment valoir les conséquences néfastes des fortes chaleurs à répétition, qui ont affecté les cultures à des "stades critiques de leur développement".
Après un début d'été marqué par les chaleurs accablantes qui ont sévi à travers la France métropolitaine, un groupe spécialiste des matières premières a estimé que la production française de blé s'élève à 30,8 millions de tonnes en 2026, en-deçà de la première estimation officielle.
"Argus Media estime la récolte française de blé tendre à 30,8 millions de tonnes pour 2026. Après une récolte dans la moyenne en 2025, la production déçoit à nouveau cette année et ressort en dessous des attentes", annonce Alexandre Willekens, analyste du marché des grains chez Argus Media, dans un communiqué publié lundi. La première estimation des services du ministère de l'Agriculture annonçait jeudi dernier 32 millions de tonnes, en repli de 4% par rapport à 2025, une situation notamment imputable aux épisodes caniculaires qui se sont succédé depuis le mois de mai . L'estimation d'Argus Media a été finalisée après une enquête de terrain menée du 13 au 17 juillet, alors que la moisson était terminée.
Trois épisodes caniculaires ont sévi en l'espace de deux mois en France, tandis que le quart sud-est continue d'être plongé dans des températures avoisinant les 35 degrés depuis plus d'un mois consécutif.
La récolte de blé a elle été "pénalisée par une succession d'aléas climatiques, marqués notamment par une sécheresse persistante et des épisodes de fortes chaleurs au cours des derniers mois", rappelle le groupe. "Rare point positif de cette campagne", l'augmentation de la surface cultivée (+3% à 4,6 millions d'hectares), qui "n'en reste pas moins la quatrième plus faible sole (surface) de blé tendre enregistrée depuis plus de vingt ans, en raison de la baisse de rentabilité de cette culture et des évolutions réglementaires", selon Argus Media.
Forte inquiétude pour le maïs, anticipé au plus bas depuis 26 ans
Mais "les difficultés se sont enchaînées", avec une moitié ouest du pays "durement touchée par les excès de précipitations de l'hiver, suivi ensuite par un printemps excessivement sec", et un déficit hydrique et des épisodes caniculaires qui ont touché tout le pays, "à des stades critiques du développement des cultures, lors de la floraison puis du remplissage des grains". "Le rendement moyen national est évalué à 6,67 tonnes par hectare, soit une baisse de 6,5% par rapport à la moyenne" des dix dernières années. Et finalement une production 2026 "en baisse de 2,55 millions de tonnes, soit -7,6% sur un an" , selon Argus Media, qui observe une "la baisse tendancielle de la production française de blé" depuis 2016. Ce temps sec et chaud a toutefois favorisé "la qualité" des cultures.
Selon la principale association de producteurs (AGPM), l'inquiétude majeure porte sur le maïs, avec des surfaces cultivées en baisse de 20% sur un an - notamment en raison du prix en hausse des engrais et du changement climatique - et une production qui s'annonce "catastrophique", . Le maïs, dont plus du quart des cultures sont irriguées en France contre une moyenne nationale de 7%, est entré en période de floraison en pleine canicule. En cas de trop forte chaleur, le pollen grille, aucun grain ne se forme. La production du grain jaune est attendue en repli d'au moins 30% en France, à 9,5 millions de tonnes, soit le plus bas niveau depuis 26 ans, selon l'AGPM, qui redoute des pertes de 100% dans certaines parcelles non irriguées.