Immobilier : ces villes où la taxe foncière alourdit fortement le budget des propriétaires information fournie par Maison&Travaux 27/08/2026 à 17:00
D’une commune à l’autre, la taxe foncière peut représenter une charge très différente et modifier sensiblement le coût réel d’un achat immobilier.
Acheter un logement ne signifie pas seulement rembourser un crédit chaque mois. Une fois propriétaire, certaines dépenses récurrentes viennent s’ajouter au budget, à commencer par la taxe foncière. Et selon la ville où l’on possède son bien, la facture peut varier considérablement. Une étude de Meilleurtaux publiée à l’été 2025, portant sur 32 grandes villes françaises, révèle ainsi qu’en 2024 un propriétaire d’un appartement de 70 m² devait s’acquitter en moyenne de 1 416 euros par an, soit environ 118 euros chaque mois. Dans plusieurs grandes agglomérations, le montant dépasse toutefois largement cette moyenne.
Jusqu’à plus de 1 800 euros par an dans certaines villes
C’est à Nîmes que la taxe foncière étudiée par Meilleurtaux se montre la plus lourde. Pour un appartement type de 70 m², elle atteint en moyenne 1 805 euros par an. Montpellier suit avec 1 781 euros, devant Nantes, à 1 780 euros, et Bordeaux, à 1 729 euros. Angers, Dijon, Le Havre, Orléans, Grenoble et Perpignan complètent le groupe des dix grandes villes les plus coûteuses de l’étude. Pour leurs propriétaires, cette dépense annuelle représente donc un montant nettement supérieur à la moyenne observée sur l’ensemble du panel.
La situation est très différente à l’autre extrémité du classement. À Mulhouse, la taxe foncière moyenne retenue dans l’étude descend à 974 euros pour le même type de logement. Lille affiche 1 004 euros et Lyon 1 035 euros. Selon la localisation, l’écart peut ainsi dépasser 800 euros par an entre certaines grandes villes. Une différence loin d’être anodine au moment d’établir le coût réel d’un achat immobilier. Elle rappelle surtout que deux biens de prix comparable peuvent finalement peser très différemment sur les finances de leurs propriétaires une fois les charges annuelles intégrées.
Une dépense qui pèse de plus en plus face au crédit immobilier
Meilleurtaux a également comparé la taxe foncière au montant des mensualités de crédit. Dans les 32 villes analysées, elle correspond en moyenne à environ 1,3 mensualité supplémentaire par an pour un logement financé sur vingt ans, dans le scénario retenu par Meilleurtaux, qui repose notamment sur un financement à 100 % du prix du bien, hors frais annexes couverts par l’apport. Le ratio devient beaucoup plus important dans certains territoires. À Saint-Étienne, la taxe représenterait ainsi l’équivalent de 3,1 mensualités de prêt, contre 2,2 mensualités à Nîmes et au Havre. De quoi modifier sensiblement le budget annuel d’un ménage, notamment pour les primo-accédants qui découvrent cette charge après avoir quitté le statut de locataire.
Ces écarts s’expliquent par le mode de calcul même de la taxe foncière. Son montant dépend de la valeur locative cadastrale du bien, réduite d’un abattement forfaitaire de 50 % pour les propriétés bâties, puis soumise aux taux votés par les collectivités locales. La facture peut donc progresser de deux manières : lorsque les bases cadastrales sont revalorisées au niveau national et lorsque la commune ou l’intercommunalité augmente son propre taux. En 2024, les montants recouvrés au titre des taxes foncières ont progressé d’environ 5 % selon la Direction générale des Finances publiques. Certaines communes ont enregistré des hausses bien plus fortes : Nice a notamment connu une progression de 21 % en un an, tandis que Saint-Étienne affichait une augmentation de 18,5 %.
Un critère à vérifier avant même d’acheter
La hausse ne dépend d’ailleurs pas toujours d’une décision prise par la mairie. Les valeurs locatives cadastrales sont régulièrement revalorisées pour tenir compte de l’évolution des prix. Une augmentation de cette base entraîne donc automatiquement celle de l’impôt, même si les collectivités conservent leurs taux inchangés. Lorsque les deux mouvements se cumulent, la progression peut devenir particulièrement sensible pour les propriétaires. Dans un contexte où le remboursement du prêt, l’assurance emprunteur, les charges de copropriété et les dépenses d’entretien pèsent déjà sur le budget, la taxe foncière est désormais difficile à considérer comme une dépense secondaire.
Pour un futur acquéreur, mieux vaut donc se renseigner sur son montant avant de signer. Le classement de Meilleurtaux donne une indication pour les grandes métropoles étudiées, mais il ne couvre évidemment pas les milliers de communes françaises. Les taux votés localement peuvent être consultés grâce aux données mises à disposition par la DGFiP, notamment via les outils officiels accessibles depuis Service-Public.fr et data.economie.gouv.fr. Comparer le prix du mètre carré ne suffit donc plus toujours pour évaluer l’intérêt financier d’une ville : le niveau de taxe foncière, mais aussi son évolution récente, peut faire une réelle différence sur plusieurs années de détention.