"Il n'y a pas de repas gratuit" : quand Berlin commente à demi-mots les efforts budgétaires de la France information fournie par Boursorama avec Media Services 08/10/2026 à 15:56
Soulignant les efforts de la France pour réduire sa dette publique, Berlin a utilisé un langage diplomatique pour appeler les Européens au sérieux budgétaire.
Seul pays du G7 disposant encore de sa notation triple A, l'Allemagne observe avec inquiétude les dettes européennes gonfler, notamment en France. La ministre allemande de l'Économie, Katherina Reiche, a appelé jeudi 8 octobre les partenaires européens à avoir des finances publiques saines, rappelant que tout endettement doit invariablement être remboursé un jour.
Interrogée en conférence de presse sur la dette de la France, qui atteindra un record en 2027, la ministre conservatrice a noté que son homologue Roland Lescure, "lutte actuellement pour créer un budget conforme à la constitution et tourné vers l'avenir" . Puis elle a souligné, à l'adresse des Européens, que la dette publique est "un indicateur extrêmement important de solidité en matière de politique financière, de politique budgétaire. Et nous devrions absolument le conserver".
L'Allemagne est le seul pays au sein du G7 à encore disposer d’une notation AAA sur les marchés, a-t-elle aussi relevé.
La ministre a aussi évoqué les finances publiques de son propre pays, qui s'endette massivement depuis un an pour financer la modernisation de son armée et de ses infrastructures. "Nos programmes de dépenses devront un jour être remboursés par la charge de la dette. Il n'y a pas de repas gratuit" , a-t-elle lancé.
"Des efforts de réforme considérables"
"Cela vaut malheureusement aussi pour les finances publiques. Et nous savons que la France y travaille", ajoute-t-elle, notant "des efforts de réforme considérables entrepris dans des conditions politiques difficiles".
Des économistes allemands ont récemment mis en garde contre une aggravation de la crise de la dette en France pour la zone euro.
Dans les colonnes du Rheinische Post , Marcel Fratzscher, président de l'institut économique DIW, craint le "cercle vicieux" provoqué par la hausse de la dette et la paralysie politique en France, qui pourrait déboucher sur "une crise de la dette".
"La France est actuellement le plus gros problème de la zone euro", estime Ulrike Neyer, professeure d’économie à l’université de Düsseldorf, auprès du journal.
Une crise de la dette pourrait affaiblir d'avantage l'euro, ce qui rendrait les importations dans la zone euro plus chère. Cela limiterait fortement les espoirs de reprise de la consommation des ménages allemands, morose depuis plusieurs années, dans un pays qui a une forte tendance à l'épargne.