"Il faut inventer quelque chose de nouveau" : face aux drones russes et iraniens, les pays de l'Otan doivent innover et produire en masse, selon l'amiral Vandier information fournie par Boursorama avec Media Services 25/03/2026 à 13:20
La vitesse d'adaptation des pays de l'Otan est "beaucoup trop faible", notamment à cause de leur volonté de protéger leur industrie de défense.
Les pays de l'Otan doivent inventer de nouvelles armes plus faciles à produire en masse pour se préparer à "la manière de faire la guerre" de pays comme la Russie ou l'Iran, a estimé mercredi 25 mars un haut gradé de l'Otan.
"Nous devons nous préparer, sinon nous subirons ce que les pays du Golfe sont en train de subir" , attaqués par l'Iran, a mis en garde le commandant allié suprême pour la transformation (SAC-T), l'amiral français Pierre Vandier, lors du Paris Defence strategy Forum, réunissant des acteurs du secteur de la défense pendant trois jours à Paris. Ces pays "ont été frappés par des Shahed en 2019, ils n'ont pas de problème d'argent, ils peuvent acheter ce qu'ils veulent sur terre. Ce n'est pas une question d'argent, c'est une question de vitesse, de bons choix" , a-t-il dit.
Pour l'Otan, "l'enjeu n'est pas de réussir à faire plus de la même chose que nous faisions avant", mais de trouver des réponses aux défis que posent la Russie ou l'Iran dans leur manière de faire la guerre, sur le plan de la masse des armes et leur vitesse d'évolution" , a insisté l'amiral.
"Moment de vérité"
"C'est un moment de vérité", a-t-il dit. "Nous voyons le retour de la masse, et notre industrie a produit des systèmes (d'armes, ndlr) qui ne peuvent pas être produit en masse ", a-t-il fait valoir, en rappelant par exemple que les Etats-Unis "produisent une batterie de missiles Patriot pour au moins quatre missiles balistiques produits par la Russie ou l'Iran". Face à ces menaces et la production en nombre de drones comme les Shahed iraniens et russes, se contenter de produire davantage mène dans une impasse et "il faut inventer quelque chose de nouveau".
L'autre enjeu crucial est celui de "la vitesse d'adaptation", beaucoup trop faible , selon lui. Dans le cadre de projets communs supervisés par SAC-T, les alliés mettent entre deux à trois ans simplement "pour définir les besoins. C'est un énorme problème parce que chaque pays dit vouloir des spécifications pour protéger son industrie".
"Pendant ce temps, la vitesse des évolutions est incroyable. Le Shahed, par exemple, a connu 5 évolutions" depuis que certains d'entre eux sont tombés en Pologne en septembre 2025. Il est donc selon lui indispensable d'avoir "des nouveaux venus" dans l'industrie de la défense, dont la capacité à produire des gros programmes comme des avions de combat ou des porte-avions reste toutefois indispensable.