IA et dépendance aux technologies américaines : "Il est important" que l'Europe développe ses "propres capacités", selon la commissaire de l'UE
information fournie par Boursorama avec Media Services 12/06/2026 à 14:53

Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la technologie, de la sécurité et de la démocratie, à Marseille, le 1er juin 2026. ( AFP / MIGUEL MEDINA )

Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la technologie, de la sécurité et de la démocratie, a notamment plaidé pour une "IA dans nos langues, avec nos contenus, nos valeurs, et nous investissons massivement en ce sens".

"80% de nos technologies viennent d'en dehors de l'Europe". Jeudi 11 juin, Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la technologie, de la sécurité et de la démocratie, a mis en garde sur les risques d'une dépendance excessive vis-à-vis des entreprises de technologies américaines lors de sujets sensibles comme la cybersécurité ou la défense. Présente lors du Web Summit, qui réunit cette semaine à Rio de Janeiro plus de 40.000 acteurs de la tech à Rio de Janeiro, la commissaire européenne chargée du numérique a ainsi défendu la souveraineté numérique de l'UE. Mais elle a tenu à préciser que cette souveraineté n'était pas synonyme de protectionnisme ou d'isolationnisme.

"Pour des technologies comme l'intelligence artificielle (IA), nous ne voulons pas dépendre d'autres pays, ni uniquement des technologies américaines", a-t-elle déclaré à un groupe de journalistes en marge du Web Summit Rio. "C'est pour cela qu'il est important que nous développions nos propres capacités (...), avec une IA dans nos langues, avec nos contenus, nos valeurs, et nous investissons massivement en ce sens", a-t-elle ajouté.

Le Brésil est un "partenaire fiable" de l'UE

Le Brésil devient le cinquième partenaire numérique de l'UE (après le Japon, le Canada, Singapour et la Corée du Sud) après la signature ce vendredi d'un accord avec le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva visant à intensifier la coopération sur la gouvernance des données, l'IA, les infrastructures, la connectivité et les plateformes numériques, a indiqué Henna Virkkunen. Le Brésil est un "partenaire fiable" de l'UE, a-t-elle souligné. "Il investit beaucoup dans la technologie. Il y a 160 millions d'internautes au Brésil et c'est l'un des dix principaux marchés dans ce secteur. Il y a donc des opportunités de part et d'autres", a-t-elle insisté.

Interrogée sur la volonté du président argentin Javier Milei de transformer son pays en une sorte de laboratoire de l’IA avec une régulation minimale, elle a mis en garde contre les risques éventuels. "Pour nous, il est très important d'avoir une approche centrée sur l'humain, que nos citoyens puissent avoir confiance en la technologie", a-t-elle déclaré. "Dans la plupart des cas, nous constatons que les risques liés à l'utilisation de l'IA sont très faibles. Mais lorsque l'IA prend des décisions très importantes, avec un fort impact sur la vie des gens, lorsqu'elle décide (...) qui obtient un emploi, un prêt bancaire, et gère des systèmes d'exploitation, des hôpitaux ou des systèmes de transport, nous voyons qu'il y a davantage de risques" et cela doit être testé, a-t-elle poursuivi.