IA : à la traîne face à la Chine et aux Etats-Unis, l'UE lance un appel d'offres géant et veut devenir un "continent de l'IA" information fournie par Boursorama avec Media Services 30/07/2026 à 13:36
L'appel d'offres, cofinancé par 18 Etats membres de l'UE dont la France, vise à créer sept "gigafactories" d'IA.
Face à la concurrence de la Chine et des Etats-Unis, l'Union européenne - à la traîne dans l'intelligence artificielle - passe à la vitesse supérieure. Ce jeudi 30 juillet, Bruxelles a lancé un appel d'offres géant pour tenter de rattraper son retard et vise à mobiliser 30 milliards d'euros d'investissements pour construire ses premières "giga-usines d'IA", des infrastructures informatiques offrant une puissance de calcul massive.
Ce lancement "constitue une étape majeure dans notre ambition" visant à faire de l'Europe un "continent de l'IA", a affirmé Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge du Numérique, voyant dans l'accès à cette énorme capacité de traitement informatique une "nécessité stratégique". Cet appel d'offres, qui sera cofinancé par 18 Etats membres de l'UE (dont la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne), vise à créer sept "gigafactories" d'IA, et sera clos en novembre.
Il se compose de deux lots : le premier portera sur quatre projets, doté chacun d'un total de 500 millions d'euros de fonds européens. Le deuxième lot visera à développer trois autres giga-usines, encore plus puissantes, qui bénéficieront chacune d'un milliard d'euros de fonds de l'UE. Les pays participants verseront des financements comparables à ceux de l'UE. Au total, l'appel d'offres devrait donc mobiliser autour de 10 milliards d'euros d'argent public, auxquels s'ajouteront 20 milliards issus du secteur privé. Les lauréats seront choisis en début d'année prochaine, avec une mise en chantier espérée au premier trimestre 2027, et de premières mises en service l'année suivante.
L'UE s'est déjà dotée de 19 "usines" d'IA
Ces giga-usines devront être installées dans l'UE et respecter des critères de souveraineté. Néanmoins, Bruxelles a signé des accords avec les fabricants américains AMD, Nvidia et Qualcomm pour se fournir en processeurs, même si elle espère à terme pouvoir aussi s'équiper de puces européennes. Leur énorme puissance de calcul (équivalente à au moins 75.000 processeurs à haute performance par projet du lot 1, et 100.000 pour le lot 2) sera alors mise à la disposition des entreprises, chercheurs, universités et autres organismes européens. Pour amorcer la pompe, l'UE et les pays financeurs vont s'engager à acquérir une partie de ces capacités de traitement.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la stratégie de Bruxelles visant à faire de l'Europe, jusqu'ici largement à la traîne par rapport aux Etats-Unis ou à la Chine, l'un des continents en pointe en matière d'IA, grâce à un plan dévoilé l'an dernier visant à mobiliser 200 milliards d'euros au total. L'UE s'est déjà dotée ces deux dernières années de 19 "usines" d'IA en développement ou en activité, de taille plus modeste. Cet appel d'offres vise à changer d'échelle.