IA : 28 entreprises en France s'allient dans un consortium pour porter un mega projet d'infrastructure à 10 milliards d'euros
information fournie par Boursorama avec Media Services 20/05/2026 à 18:33

L'ambition est de bâtir une puissance de calcul allant jusqu'à 1GW répartie sur plusieurs centres de données en France, avec une première tranche de 100 MW.

( AFP / JOEL SAGET )

Orange, Iliad, EDF, Capgemini, Bull... vingt-huit entreprises ont annoncé mercredi 20 mai la création d'un consortium qui vise à porter en France un méga projet d'infrastructure de calcul pour l'intelligence artificielle (IA) dans le cadre d'un projet européen. Les investissements pourraient s'élever à 10 milliards d'euros.

"En France, on a la chance d'avoir de l'électricité stable, en quantité et décarbonée , un savoir-faire pour construire des centres de données et des talents dans l'IA" a indiqué à l' AFP , Damien Lucas, directeur général de Scaleway, la filiale de services cloud du groupe Iliad. "Ce sont les bons ingrédients pour un projet viable et ambitieux", a-t-il complété.

Baptisé "AION", le consortium va présenter une candidature française à un appel d'offres de la Commission européenne , qui doit être publié prochainement, afin de créer en Europe une poignée de méga projets d'infrastructures de calcul, indispensables au développement de l'IA.

Parmi les entreprises membres figurent la société d'investissement Ardian, l'entreprise d'IA Artefact, Capgemini ou encore le fabricant français de supercalculateurs Bull.

"80% de la puissance de calcul mondiale est sur le sol américain"

Leur ambition est de bâtir une puissance de calcul allant jusqu'à 1GW répartie sur plusieurs centres de données en France , avec une première tranche de 100 MW, a précisé Damien Lucas lors d'une conférence de presse. Ce projet pourrait représenter un investissement de 10 milliards d'euros avec une participation du groupe Iliad à hauteur de 4 milliards d'euros , a détaillé le directeur général d'Iliad, Thomas Reynaud.

Pour soutenir ce projet, le consortium espère bénéficier "de plusieurs centaines de millions d'euros de commandes publiques" de la part de la Commission européenne et de l'État français s'ils remportent l'appel d'offres, a-t-il ajouté.

"Aujourd'hui, 80% de la puissance de calcul mondiale est sur le sol américain" , a pointé Damien Lucas pour qui ce type de projet représente "l'opportunité d'inverser la tendance". Les États-Unis et l'Asie investissent des milliards de dollars pour sécuriser de la capacité de calcul pour l'IA, comme en témoigne le projet Stargate à 500 milliards de dollars mené par Softbank, Microsoft et Nvidia.

Le consortium "AION" a vocation à s'étendre et les organisateurs ont affirmé être en discussion avec plusieurs entreprises, dont Mistral, à ce sujet.