Humilié par les démocrates, critiqué par Vance, Trump fait comme si de rien n'était
information fournie par AFP 04/11/2026 à 21:28

Le président américain Donald Trump s’exprime sur le chantier de la salle de bal de l’aile est de la Maison-Blanche, le 4 novembre 2026 à Washington ( AFP / MANDEL NGAN )

Donald Trump, connu pour son tempérament éruptif, a choisi mercredi de faire comme si de rien n'était au lendemain d'une monumentale gifle électorale et après des critiques voilées de son propre vice-président, JD Vance.

Interrogé sur les propos de ce dernier, qui a jugé que la guerre en Iran était sans conteste responsable de la victoire éclatante des démocrates aux élections de mi-mandat, le président américain n'a même pas cherché à contester.

"Je pense que c'est en grande partie vrai car cela a fait monter un peu les prix de l'essence à court terme", a-t-il déclaré, depuis le chantier de la salle de bal de la Maison Blanche, où il a convoqué la presse pour sa première apparition publique après le scrutin.

Il n'a abordé les "midterms" que lorsque les journalistes l'ont pressé de questions, après avoir d'abord longuement commenté la construction en cours.

"Si c'était à refaire, je le referais parce qu'à long terme, c'est la seule solution", a assuré le président américain à propos de ce conflit extrêmement impopulaire.

Il a dit n'avoir aucune intention de congédier le chef du Pentagone Pete Hegseth, lequel a selon lui fait "du très bon boulot."

Le milliardaire de 80 ans, interrogé sur le risque d'une procédure en destitution dans ce nouveau paysage parlementaire, a seulement jugé que cela "détruirait" le Parti démocrate.

La "vague bleue", dont l'ampleur a sidéré les observateurs, assommé les républicains et galvanisé les démocrates, a déferlé mardi jusque dans des bastions conservateurs comme le Texas et le Kansas, alimentée par la colère sur le coût de la vie.

Le président américain Donald Trump sur le chantier de la salle de bal de l’aile est de la Maison-Blanche, le 4 novembre 202 à Washington ( AFP / MANDEL NGAN )

Le Parti républicain a perdu le contrôle des deux chambres du Congrès, réduisant Donald Trump à l'impuissance législative pour les deux années qui lui restent à la Maison Blanche.

Le milliardaire de 80 ans a dit ne pas se sentir visé par ce qui est pourtant indiscutablement un vote sanction.

L'entrée en fonction du nouveau Congrès le 3 janvier donnera aux démocrates le contrôle du budget et des lois, mais aussi le pouvoir d'entraver des nominations présidentielles et de relancer des enquêtes visant Donald Trump et son gouvernement.

Le président a lui déjà menacé de dégainer son veto face aux textes qui ne lui conviendraient pas. Il garde le pouvoir de signer des décrets, et conserve une marge de manoeuvre diplomatique et militaire conséquente.

"Stupéfiant"

Le chef des députés démocrates, Hakeem Jeffries, qui devrait occuper le perchoir en janvier, s'est félicité du résultat "stupéfiant" des élections.

Hakeem Jeffries, chef de la minorité à la Chambre des représentants des États-Unis et démocrate de New York, lors d’une conférence de presse à Washington, le 4 novembre 2026, au lendemain des élections de mi-mandat ( AFP / SAUL LOEB )

Au Sénat, les démocrates ont gagné sept sièges et disposeront d'au moins 54 élus sur 100 tandis qu'à la chambre, le parti a raflé entre 250 et 255 sièges, selon M. Jeffries. Il reste deux sièges de sénateurs à attribuer dans le Mississippi et l'Alaska mais le décompte pourrait encore durer.

La dérouillée électorale, mais aussi le lancement de la campagne pour la présidentielle de 2028, à laquelle la Constitution lui interdit de participer, marquent le début de la fin politique de Donald Trump.

Lui qui a été longtemps le centre de gravité de la vie politique américaine, tout en tenant le premier rôle sur la scène internationale, se résignera-t-il à une sortie de scène à bas bruit, seulement rythmée de nouveaux chantiers?

Infographie montrant la nouvelle Chambre des représentants à l'issue des élections de mi-mandat aux États-Unis, selon des résultats partiels le 4 novembre 2026 à 14h30 GMT ( AFP / Sabrina BLANCHARD )

Il y sera peut-être forcé par la droite américaine, mais il faudrait que cette dernière sacrifie publiquement un chef qui l'a dominée, presque sans interruption, depuis 2016.

La sortie de JD Vance, potentiel présidentiable républicain, mercredi sur X, est une première remise en cause, encore feutrée.

"Si vous voulez soutenir que cela en valait la peine, que perdre le Sénat pour les six prochaines années était un prix acceptable, alors dites-le", a-t-il lancé dans un réquisitoire contre la guerre en Iran.

"Mais tout le monde sait pourquoi nous avons perdu", a-t-il aussi écrit.

Une analyse applaudie publiquement, sur la même plateforme, par le fils aîné du président, Don Jr.

A l'étranger, le soulagement de gouvernements européens malmenés par Donald Trump était net.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a jugé que "la vague ultra" s'était écroulée tandis que le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a souligné "une excellente nouvelle pour la démocratie américaine".

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prévenu que ceux qui s'attendent à un changement de politique des États-Unis "se trompent lourdement".