Huit morts en Ukraine, douze blessés à Kiev dans des frappes russes
information fournie par AFP 11/07/2026 à 21:22

Des habitants de Kiev marchent dans une rue après une attaque de missiles russes, le 11 juillet 2026 ( AFP / Genya Savilov )

Une pluie de missiles, de drones et de bombes téléguidées russes a fait samedi huit morts du nord au sud de l'Ukraine et le président Volodymyr Zelensky a exhorté les Occidentaux à livrer rapidement des moyens de défense contre ces frappes meurtrières.

Douze personnes, dont deux enfants, ont été blessées à Kiev, a déclaré son maire, Vitali Klitschko.

Des journalistes de l'AFP présents dans la capitale ont entendu deux séries d'explosions tôt dans la matinée. Une sirène d'alerte a retenti quelques minutes après la première déflagration.

L'un des missiles a "endommagé des voitures et des maisons. Heureusement, les rues étaient vides à ce moment-là et personne n'était près des fenêtres", a raconté Oleksandre Kovtounov, le chef de l'administration du quartier de Darnytsia.

Des habitants de Kiev passent près d'un cratère causé par une frappe de missile russe sur la capitale de l'Ukraine, le 11 juillet 2026 ( AFP / Genya Savilov )

Une vidéo diffusée par les services de secours montre des pompiers contournant des cratères et intervenant dans des bâtiments en ruines et fumants, les frappes ayant causé des dégâts dans trois quartiers ainsi que des incendies dans des entrepôts.

Frappes massives

A Soumy, dans le nord-est, une bombe téléguidée a ôté la vie à cinq personnes, parmi lesquelles une jeune fille.

Sur une vidéo postée par le maire par intérim de cette ville, Artem Kobzar, on voit une voiture et un minibus détruits et des impacts dans le sol.

Dans le port méridional d'Odessa, c'est un missile qui a fait deux morts, des chauffeurs de camions, ont déploré les autorités. Celles-ci ont affirmé qu'un navire battant pavillon de Saint-Kitts-et-Nevis avait également été atteint, sans qu'il y ait de victimes.

Une personne a par ailleurs été tuée dans un bombardement à Sloviansk, dans l'est.

La Russie a visé l'Ukraine avec "plus de 120 drones et 12 missiles, dont une moitié de missiles balistiques" qui n'ont pu être interceptés, a relevé samedi matin le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Des immeubles d'habitation, des bureaux et une école de théologie ont été endommagés à Kiev, a-t-il ajouté.

Le président ukrainien, qui réclame depuis des mois davantage de missiles intercepteurs américains Patriot, seuls à même de contrer des missiles balistiques, a exhorté les Occidentaux, dans un message diffusé samedi soir les réseaux sociaux, à livrer plus rapidement les armements promis.

"Il ne doit pas se passer des semaines entre l'annonce d'une tranche d'aide et sa mise en oeuvre", a-t-il dit.

"Les combattants ukrainiens doivent avoir plus de moyens, plus de capacités pour protéger les vies, pour protéger les gens du mal russe", a-t-il encore dit.

Une détection plus difficile

Le fait que les systèmes d'alerte n'aient détecté les missiles qu'après la première explosion à Kiev pourrait notamment être lié à l'utilisation par la Russie de missiles des systèmes antiaériens S-400, a estimé Serguiï Sternenko, conseiller auprès du ministère ukrainien de la Défense.

Initialement conçus pour frapper des cibles aériennes, ces missiles sol-air ont par le passé été utilisés par la Russie pour attaquer au sol.

Ils "sont plus difficiles à détecter par radar", explique M. Sternenko. "Il n'y a aucune logique militaire à de telles attaques, c'est juste du terrorisme", a-t-il commenté.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a qualifié ces bombardements de "meurtre délibéré de civils".

Ces frappes interviennent peu après que le président américain Donald Trump a annoncé mercredi en marge du sommet de l'Otan à Ankara que l'Ukraine allait pouvoir obtenir une licence pour fabriquer elle-même les missiles intercepteurs Patriot.

La Russie tire des missiles et des drones sur Kiev presque quotidiennement depuis le déclenchement de l'invasion de l'Ukraine en février 2022.