Hongrie-Orban exhorte ses partisans à lutter contre la "tyrannie"
information fournie par Reuters 22/07/2026 à 11:42

L'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orban, défait lors des élections législatives en avril après 16 ans à la tête de la Hongrie, a accusé le nouveau gouvernement de Peter Magyar de bafouer la démocratie et a exhorté ses partisans à se battre contre la "tyrannie".

Viktor Orban a lancé cet appel dans un message publié mardi soir sur Facebook, intitulé "Déclaration de résistance", peu après une perquisition dans les locaux de son parti, le Fidesz.

L'ancien Premier ministre nationaliste a déclaré mercredi que la police avait saisi les serveurs informatiques du parti lors de cette perquisition.

Le parquet a déclaré dans un courriel à Reuters que cette perquisition avait été menée dans le cadre d'une enquête sur des "détournements de fonds et autres infractions criminelles" au sein du Fonds national pour la culture (NKA) lorsque le Fidesz était au pouvoir.

Dans son message sur Facebook, Viktor Orban a déclaré que la Hongrie avait "cessé d'être un Etat démocratique" après l'adoption par le Parlement désormais dominé par Tisza, la formation conservatrice de Peter Magyar, d'un amendement constitutionnel mettant fin aux mandats du chef de l'Etat et du président de la Cour constitutionnelle, deux alliés de Viktor Orban.

Tisza dément toute dérive autoritaire à l'encontre de ses opposants. Le parti dit être engagé dans un combat contre la corruption, qu'il présente comme endémique à l'époque de Viktor Orban, accusation que ce dernier rejette.

Viktor Orban a lui-même été accusé durant ses années au pouvoir de ne pas respecter les normes démocratiques, ce qui lui a valu d'être en conflit régulier avec les institutions européennes et les autres pays de l'UE sur des sujets tels que l'Etat de droit et les droits des minorités.

"L'ère de la tyrannie a de nouveau débuté en Hongrie", a dit l'ancien Premier ministre sur Facebook.

"Le nouveau système politique ainsi créé est illégitime (...) Le Fidesz utilisera tous les moyens pacifiques pour lutter contre les abus de pouvoirs à l'intérieur du Parlement et à l'extérieur du Parlement", a-t-il ajouté.

Tisza dispose d'une majorité des deux tiers au Parlement lui permettant de réformer à sa guise et d'abroger de nombreuses mesures prises par le Fidesz qu'il juge néfastes pour la démocratie. Depuis son écrasante victoire aux législatives, le parti continue de jouir d'une forte popularité, un sondage publié ce mois-ci par l'institut Median lui donnant 60% d'avis favorables contre 18% pour le Fidesz.

Le parti de Viktor Orban peine en revanche à se relever de sa cuisante défaite électorale et le chef de son groupe parlementaire a démissionné la semaine dernière.

(Krisztina Than et Anita Komuves, version française Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet)