Hong Kong-Le bilan de l'incendie s'alourdit à 146 morts
information fournie par Reuters 30/11/2025 à 11:56

par Jessie Pang et James Pomfret

Le bilan de l'incendie à Hong Kong qui a touché plusieurs tours d'habitation est passé à 146 morts, a annoncé la police dimanche après avoir passé au crible 5 des 7 immeubles incendiés.

Des victimes ont été retrouvées dans les cages d'escalier et sur les toits alors que les résidents tentaient de s'enfuir. Selon la police, plus de 40 personnes sont toujours portées disparues.

La cause de l'incendie fait toujours l'objet d'une enquête, dans un contexte de colère et de consternation de l'opinion publique face aux pratiques de construction dangereuses.

Dimanche, plus d'un millier de personnes se sont rendues près du complexe résidentiel de Wang Fuk Court, composé de huit tours, pour rendre hommage aux victimes de l'incendie le plus meurtrier depuis plus de 75 ans.

La Chine, de son côté, a prévenu qu'elle ferait usage de la loi sur la sécurité nationale pour réprimer toute manifestation "anti-Chine" à la suite de l'incendie.

Samedi, les autorités chinoises chargées de la sécurité nationale ont mis en garde contre l'utilisation de la catastrophe pour "replonger Hong Kong dans le chaos" de 2019, lorsque des manifestations massives en faveur de la démocratie avaient défié Pékin et déclenché une crise politique.

L'odeur de fumée flottait encore dans l'air quatre jours après l'incendie qui s'est propagé rapidement dans les tours résidentielles en cours de rénovation dans le quartier de Tai Po, au nord de Hong Kong.

L'appartement de la grand-mère de Joey Yeung, 28 ans, a brûlé dans l'incendie. Venue avec sa famille sur les lieux, elle fait part de son sentiment de deuil pour les victimes et de colère contre les responsables.

"Je ne peux pas l'accepter. Aujourd'hui, je suis venue avec mon père et ma famille pour déposer des fleurs", a-t'elle déclaré à Reuters. "Je ne demande pas à récupérer quoi que ce soit, mais au moins de rendre justice aux familles des personnes décédées et à celles qui sont encore en vie. Sept employées de maison indonésiennes et une aide de nationalité philippine ont été confirmées parmi les morts. Des dizaines de travailleurs étrangers sont toujours portés disparus.

RENDRE DES COMPTES

Samedi, la police a arrêté Miles Kwan, 24 ans, qui a lancé avec d'autres personnes une pétition réclamant une enquête indépendante sur une éventuelle corruption et un réexamen de la surveillance de la construction, ont déclaré deux personnes au fait de l'affaire. Reuters n'a pas été en mesure de confirmer son arrestation.

La police de Hong Kong n'a pas répondu à une demande de commentaire dans l'immédiat.

La pétition en ligne lancée par le groupe avait recueilli plus de 10.000 signatures samedi après-midi avant d'être clôturée.

Une deuxième pétition contenant des demandes similaires a été lancée peu après par une personne originaire de Tai Po qui vit à l'étranger. Cette pétition comptait plus de 2.700 signatures dimanche. "Le gouvernement doit rendre des comptes aux Hongkongais de manière authentique et explicite", peut-on lire dans cette pétition.

Les autorités ont arrêté 11 personnes en rapport avec l'incendie, alors qu'elles enquêtent sur une éventuelle corruption et sur l'utilisation de matériaux dangereux lors des travaux de rénovation du complexe.

Les opérations de sauvetage sur le site se sont achevées vendredi, mais la police affirme qu'elle pourrait trouver d'autres corps en passant au peigne fin les bâtiments incendiés dans les semaines à venir.

L'incendie s'est déclaré mercredi après-midi et a rapidement englouti sept des huit immeubles de 32 étages du complexe, qui étaient entourrés d'échafaudages en bambou et de grillage vert, et recouverts de mousse isolante pour les travaux de rénovation.

Selon les autorités, les alarmes incendie du complexe, qui abritait plus de 4.600 personnes, n'ont pas fonctionné correctement.

Cet incendie est le plus meurtrier à Hong Kong depuis 1948, lorsque 176 personnes avaient péri dans l'incendie d'un entrepôt.

(Reportage Jessie Pang et James Pomfret, rédigé par Kevin Krolicki ; version française Kate Entringer)