Hong Kong-Deux militants condamné à sept ans de prison pour leurs commémorations de Tiananmen information fournie par Reuters 11/09/2026 à 11:04
par Joyce Zhou
Deux militants pro-démocratie, Lee Cheuk-yan, 69 ans, et Chow Hang-tung, 41 ans, ont été condamnés vendredi à sept ans de prison par un tribunal de Hong Kong en raison de leurs activités politiques et de commémoration de la répression de Tiananmen.
Les deux militants, qui font partie d'un groupe qui organise chaque année des veillées en mémoire de la répression menée par les autorités chinoises en 1989 sur la place de Pékin, ont été reconnus coupables d'incitation à la subversion le mois dernier.
Les commémorations publiques des manifestations de 1989 étaient auparavant légales et tolérées à Hong Kong. Mais depuis 2020 et l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale, actant le rapprochement avec la Chine, de tels rassemblements sont prohibés.
Lee Cheuk-yan et Chow Hang-tung, respectivement ancien président et ancienne vice-présidente de l'Alliance de Hong Kong en Soutien aux Mouvements Patriotiques et Démocratiques en Chine, désormais dissoute, sont en détention depuis 2021.
"C'est un jour triste pour moi, en tant qu'épouse. Je ne peux pas imaginer qu'il doive passer encore trois ans en prison, c’est vraiment inacceptable", a déclaré l'épouse de Lee Cheuk-yan, Elizabeth Tang, ajoutant que son mari ferait appel de cette condamnation.
La mère de Chow Hang-tung, Medina Chow, a rendu un hommage émouvant devant le tribunal, remerciant toutes les personnes qui se sont rangées aux côtés des militants et les ont soutenus.
"Quant au verdict d'aujourd'hui, vous n'avez pas à vous laisser trop abattre. Ne perdez pas courage. Et surtout, ne vous sentez pas coupables."
Un autre ancien président du groupe, également ancien président du Parti démocratique, le plus grand parti d’opposition de la ville, Albert Ho, âgé de 74 ans, a plaidé coupable en janvier. Il a été condamné vendredi à cinq ans et deux mois de prison.
L'Alliance de Hong Kong en Soutien aux Mouvements Patriotiques et Démocratiques en Chine, avait appelé à plusieurs reprises à la "fin de la dictature du parti unique", en référence au Parti communiste chinois, dont la primauté est inscrite à la Constitution chinoise.
Le Bureau de la sécurité nationale de la Chine à Hong Kong a déclaré dans un communiqué que les accusés "incitaient depuis longtemps, de diverses manières, la haine publique, la haine et la défection envers l'État".
Il a ajouté que les militants avaient incité le public "à renverser la direction du Parti communiste chinois et à saper le système fondamental du pays".
(Rédaction de Hong Kong ; rédigé par Farah Master ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)