Honduras: 25 morts dans deux attaques attribuées au crime organisé information fournie par AFP 22/05/2026 à 10:51
Au moins 25 personnes ont été tuées au Honduras dans deux attaques distinctes attribuées à des groupes criminels, ont indiqué jeudi le parquet et la police.
Ces violences surviennent alors que Parlement vient d'approuver une série de réformes pour tenter d'endiguer la criminalité organisée dans le pays d'Amérique centrale.
Au moins 19 ouvriers agricoles ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi à Rigores, village proche de la ville côtière de Trujillo (nord), où des groupes armés occupent illégalement deux propriétés pour y exploiter des palmiers à huile.
"Deux équipes travaillent sur deux sites différents. Dans la première équipe 13 victimes ont été identifiées, tandis que dans la seconde on en a dénombré six", a déclaré Yuri Mora, porte-parole du parquet, à la chaîne de télévision locale HCH.
Il semble que "les personnes assassinées (à Trujillo) étaient des employés d'un groupe armé", a déclaré par téléphone à l'AFP un leader paysan d'une communauté voisine de Rigores.
"Il s'agit de paysans membres du mouvement paysan de Rigores", a pour sa part indiqué à l'AFP Adilia Castro, dirigeante communautaire de la zone.
Des vidéos diffusées par une chaîne régionale montrent jusqu'à neuf corps ensanglantés et éparpillés dans l'une des propriétés.
"Plusieurs personnes ont apparemment été exécutées avec des armes de gros calibre, probablement des fusils et des fusils de chasse", a déclaré aux journalistes le ministre de la Sécurité, Gerzon Velásquez.
Le village de Rigores est sous le joug de groupes criminels qui occupent et exploitent illégalement deux plantations de palmiers à huile, a indiqué à la télévision locale le chef de la police de Trujillo, Carlos Rojas. "Cet argent leur permet de s'armer pour contrôler la zone", a-t-il souligné.
Selon le ministre, l'ampleur de ce massacre est inédite dans cette zone en proie depuis de nombreuses années à des bandes criminelles spécialisées dans le narcotrafic et la captation de terres agricoles.
- Cinq policiers tués -
A Omoa, région frontalière avec le Guatemala, dans l'ouest du pays, cinq policiers et un civil ont également été tués jeudi lors d'échanges de tirs avec des narcotrafiquants présumés, a annoncé la police.
"Nous les avons retrouvés dans une zone montagneuse de la frontière entre le Honduras et le Guatemala", a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police hondurienne, Edgardo Barahona.
Le gouvernement a ordonné le déploiement de forces de police et militaires à Trujillo et à Omoa.
Le président Nasry Asfura, a assuré dans un message à la nation que les forces de l'ordre allaient "retrouver les auteurs de ces faits et les faire condamner".
"C'est une blessure de plus que le Honduras ne mérite pas. On n'oubliera pas cela et cela ne restera pas impuni", a-t-il ajouté.
Ces violences surviennent alors que Parlement vient d'approuver une série de réformes pour tenter d'endiguer la criminalité, dont l'appui de l'armée à des fonctions de sécurité publique, la création d'une unité spécialisée contre le crime organisé et la possibilité de désigner des groupes criminels comme organisation terroriste.
Le Honduras affiche un taux de 24 homicides par 100.000 habitants.
Le pays est dirigé depuis janvier par M. Asfura, élu à l'issue d'un scrutin entaché de problèmes techniques et d'allégations de fraude et qui a bénéficié du soutien du président américain Donald Trump face à un candidat de centre-droit.
Les Honduriens avaient clairement sanctionné la gauche jusqu'alors au pouvoir dans ce pays parmi les plus pauvres d'Amérique latine, miné par la violence des gangs et le trafic de drogue.