Hautes-Alpes: trois personnes seront jugées pour avoir abattu des loups illégalement information fournie par AFP 30/07/2026 à 16:50
Trois personnes seront jugées pour avoir abattu illégalement neuf loups dans les Hautes-Alpes, a annoncé jeudi la procureure de Gap, à l'issue d'une enquête de près d'un an.
Les investigations avaient débuté en avril 2025 "à la suite d'un signalement d'atteintes à la faune sauvage" dans le nord du département, explique Marion Lozac'hmeur dans un communiqué sur ce "vaste coup de filet contre le braconnage des loups".
Des mesures de surveillance sont alors mises en place par l'Office français de biodiversité (OFB), qui permettent de découvrir "des dispositifs de captation d'images installés à proximité d'une habitation".
Presque un an plus tard, le 28 mars, au cours d'une de leurs observations sur ce site, les inspecteurs de l'environnement de l'OFB font des constatations leur laissant présumer qu'un loup vient d'être abattu "en dehors de tout cadre légal".
Le lendemain, l'OFB et les gendarmes découvrent lors de perquisitions un charnier d'animaux, vraisemblablement destiné à servir d'appâts pour le loup, de "nombreuses" armes à feu et un cadavre de loup.
L'exploitation des preuves recueillies, en particulier de téléphones, révèle ensuite "la présence de nombreuses photographies d'animaux morts, en particulier de loups", ainsi que "l'implication plus ou moins directe de plusieurs personnes".
Mardi, les enquêteurs ont procédé à l'interpellation de trois personnes, placées en garde à vue puis sous contrôle judiciaire dans l'attente d'un procès devant le tribunal correctionnel en janvier 2027.
Elles devront répondre de "destruction et de complicité de destruction illégale d'espèce protégée".
Six autres personnes ont par ailleurs été entendues en audition libre. Un nombre non précisé par la procureure sont attendues à la même audience selon une procédure par convocation.
En France, l'abattage de loups est encadré par la loi. Il est interdit en milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux. Une procédure est définie pour les "tirs de prélèvement", c'est-à-dire indépendamment de l'attaque d'un troupeau en cours. Un nombre maximum de loups pouvant être abattu est fixé, sur une population estimée à un peu plus d'un millier d'individus.