Hausse tarifaire de X: une start-up française gagne son procès face au réseau social d'Elon Musk information fournie par Boursorama avec AFP 13/05/2026 à 19:10
La justice française a estimé que X (ex-Twitter) a imposé une hausse "disproportionnée" des frais d'accès à son interface automatisée (API) en 2025, dans le contentieux qui l'opposait à la start-up française Agorapulse, selon une décision consultée par l'AFP et révélée par le média La Lettre.
Dans son jugement rendu le 7 mai, le tribunal des activités économiques de Paris a estimé que "l'augmentation disproportionnée du tarif" imposée par le groupe X à Agorapulse après dix ans de relation a représenté une "rupture brutale partielle" des relations commerciales entre les deux entreprises.
La justice relève également un "déséquilibre significatif" dans leurs relations commerciales.
Le tribunal juge en outre que "le groupe X est en situation de monopole de fait sur les données qu'elle détient et, partant, sur l'outil qui conditionne leur accès, l'API X".
Il ordonne ainsi au géant américain de mettre son API à disposition d'Agorapulse au tarif mensuel de 49.000 dollars pendant une durée de 15 mois, contre 225.000 dollars actuellement et 250.000 dollars à partir de juin, ainsi qu'à verser 50.000 euros de frais de justice.
"On est satisfait" de la décision du tribunal même si cela ne représente "qu'un répit et non une solution pérenne", a réagi auprès de l'AFP Emeric Ernoult, le patron de ce spécialiste des outils de gestion des réseaux sociaux qui emploie 140 salariés.
Il assure que l'augmentation soudaine des tarifs de X a forcé l'entreprise à se séparer de 23 salariés fin 2025.
La décision du tribunal représente une économie de plus de 3 millions d'euros pour Agorapulse, dépendante de l'utilisation de l'interface de X pour faire fonctionner ses logiciels.
"Je l'ai fait pour défendre notre intérêt, ce n'est pas un combat politique", a-t-il assuré.
Contacté par l'AFP, X n'a pas réagi dans l'immédiat.
Le tribunal a également rejeté les exceptions de compétence demandées par X et a retenu la loi française, considérant que Twitter France fait partie d'une unité économique avec les autres entités du groupe et que le dommage est subi en France.
Le patron de X Elon Musk est lui-même visé par une information judiciaire ouverte début mai à Paris pour de possibles dérives de son réseau social.