Hantavirus-Le navire MV Hondius est arrivé à Tenerife, début du débarquement des passagers information fournie par Reuters 10/05/2026 à 10:38
* Les autorités sanitaires ont effectué un dernier contrôle
* Les Espagnols ont débarqué en 1er, suivis d'autres nationalités
* Le navire a subi des contrôles sanitaires avant son arrivée
* Le risque pour la population jugé faible - Agence européenne
(Actualisé tout du long avec précisions et contexte)
Le navire de croisière MV Hondius, touché par une épidémie de hantavirus, est arrivé dimanche matin près du port de Granadilla, à Tenerife, en Espagne, et l'Espagne a entamé le processus de débarquement des passagers, montrent des images diffusées par Reuters.
Des responsables espagnols de la santé sont montés à bord du navire pour effectuer un dernier contrôle et commencer à évacuer les passagers, a déclaré le ministère espagnol de la Santé.
Un premier groupe de passagers, tous de nationalité espagnole, a commencé à débarquer par bloc de cinq sur de petites embarcations, puis conduits à terre où ils seront transférés dans des cars militaires vers l'aéroport de la ville.
Les passagers embarqueront ensuite à bord d'un avion militaire espagnol à destination de Madrid, où ils seront conduits à l'hôpital et placés en quarantaine, ont indiqué les autorités, soulignant qu'ils n'auront aucun contact avec le public.
Le MV Hondius a quitté les côtes du Cap-Vert mercredi pour l'Espagne, après que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Union européenne (UE) ont demandé au pays de gérer le débarquement des passagers suite à la détection d'une épidémie de hantavirus.
Tous les passagers du paquebot de luxe sont considérés comme des contacts à haut risque par mesure de précaution, a déclaré samedi soir l'agence européenne de santé publique dans le cadre d'un avis scientifique, ajoutant que le risque pour la population générale reste faible.
Un rapport publié par le ministère espagnol de la Santé avant l'arrivée du MV Hondius à Tenerife a confirmé que le navire avait passé avec succès les contrôles sanitaires requis avant de jeter l'ancre.
"D'après les informations fournies par les experts qui sont montés à bord du navire, les conditions d'hygiène et environnementales sont appropriées et ils n’ont pas détecté de rongeurs; la transmission par contact avec des rongeurs à bord est donc peu probable", peut-on lire dans ce rapport.
Des pays comme la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Irlande, les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont confirmé samedi avoir envoyé des avions pour évacuer leurs ressortissants à bord du navire.
Dimanche matin, tous les avions n'étaient pas encore arrivés sur place, selon les autorités des Canaries.
Les autorités espagnoles ont fait savoir que les passagers ne quitteraient pas le bateau avant l'arrivée des avions destinés à leur évacuation.
Les passagers néerlandais seront le prochain groupe à quitter le navire, et leur avion transportera également des passagers en provenance d'Allemagne, de Belgique et de Grèce, a déclaré dimanche la ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia.
Les passagers en provenance de Turquie, de France, du Royaume-Uni et des États-Unis seront ensuite évacués, a-t-elle ajouté, à l'adresse de la presse dans le port de Tenerife.
"Le dernier vol pour cette opération part d'Australie (…) C'est le vol le plus complexe et son arrivée est prévue demain après-midi", a déclaré Monica Garcia, ajoutant que ce vol permettra l'évacuation de six personnes en provenance d'Australie, de Nouvelle-Zélande et d'autres pays asiatiques.
Trente membres d'équipage resteront à bord et navigueront jusqu'aux Pays-Bas où le navire sera désinfecté.
LA FRANCE SUIT AVEC ATTENTION LA SITUATION
Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères et celui de la Santé soulignent dimanche que les autorités hexagonales suivent avec attention la situation.
"Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères se coordonne avec les autorités espagnoles pour assurer l'évacuation vers la France des cinq ressortissants français, par un vol sanitaire ce jour, dans le respect des protocoles sanitaires en vigueur et en conformité avec les recommandations de l'OMS", est-il écrit.
Le CDCS est également en contact régulier avec les ressortissants français concernés, afin de leur fournir l'assistance médicale et psychologique dont ils pourraient avoir besoin, est-il également indiqué.
L'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France organisera l'accueil des ressortissants français, les cinq passagers français devant être placés en quarantaine à l'hôpital durant 72h le temps d'une évaluation complète et avant une organisation de leur retour à domicile, est-il également précisé.
En cas d'apparition de symptômes chez une personne suivie, celle-ci sera immédiatement reclassée comme cas suspect et intégrée à la filière sécurisée "Risques Épidémiques et Biologiques" (REB), indique le communiqué des autorités françaises, ajoutant qu'à ce stade qu'aucun cas confirmé n'a été rapporté sur le territoire hexagonal.
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, tiendra ce dimanche, dans l'après-midi, une réunion pour faire "un point de situation" sur le hantavirus, a appris Reuters.
Les hantavirus, potentiellement mortels, se propagent généralement à partir de rongeurs infectés mais les contaminations entre humains sont rares.
L'OMS estime qu'il y a entre 10.000 et 100.000 cas d'infection par le hantavirus chaque année. L'Argentine reste le pays qui enregistre le plus grand nombre de cas dans la région des Amériques, a indiqué l'OMS en décembre, avec un taux de létalité d'environ 32%, supérieur à la moyenne et à celui observé pour d'autres souches du virus.
(Reportage Corina Pons, Victoria Waldersee, Leo Bennasatto, Miguel Pereira à Tenerife, Victoria Waldersee à Madrid; avec la contribution d'Elizabeth Pineau à Paris et de Noémie Olive; version française Claude Chendjou)