Hantavirus: fin des évacuations du Hondius, reparti en mer vers les Pays-Bas information fournie par AFP 11/05/2026 à 21:49
Les opérations d'évacuation du MV Hondius, qui avaient débuté dimanche sous très haute protection, se sont achevées lundi soir, permettant à plus d'une centaine de passagers et membres d'équipage du bateau, où a été détecté un foyer d'hantavirus, de quitter le navire et d'être rapatriés par avion depuis les îles espagnoles des Canaries.
"Mission accomplie", s'est réjouie la ministre espagnole de la Santé devant la presse sur le quai du port de Granadilla de Abona, à Tenerife.
"Entre hier et aujourd'hui, nous avons évacué les 125 passagers et membres d'équipage de 23 pays, qui sont soit déjà rentrés chez eux, soit sont en train d'être rapatriés. Le navire, comme vous pouvez le constater, vient de lever l'ancre. Il a quitté le port aujourd'hui à 19 heures" (18H00 GMT).
Le MV Hondius est attendu dimanche soir à Rotterdam, aux Pays-Bas, selon l'armateur.
Le bateau ne devait en principe pas accoster en raison des risques sanitaires, et les transferts avaient commencé via des navettes maritimes, mais la détérioration des conditions maritimes lundi quand le vent s'est levé, et la formation d'une légère houle ont obligé les autorités à décréter l'amarrage du navire.
La dernière trentaine de personnes qui devaient être évacuées en sont descendue sans tarder, vêtues de combinaison intégrales de protection sanitaires bleues, et ont rejoint la terre par une passerelle, avant de monter à bord de bus spécialement affrétés pour les acheminer jusqu'au tarmac de l'aéroport de Tenerife Sud.
Moins d'une heure plus tard, deux avions les emmenaient tous vers les Pays-Bas. L'un des appareils transportait majoritairement des membres de l'équipage (17 Philippins, un Néerlandais et un Allemand) ainsi que quelques passagers de la croisière, tandis qu'un second vol, partant un peu plus tard, doit emmener six autres passagers: quatre Australiens, un Néo-Zélandais et un Britannique vivant en Australie.
Ces derniers devront par la suite reprendre un autre vol vers l'Océanie.
Parallèlement, une trentaine de membres de l'équipage sont restés à bord du Hondius, accompagnés d'un médecin en direction des Pays-Bas.
Ils transportent toujours avec eux le corps d'une Allemande morte à la suite d'une contamination.
Lors d'une conférence de presse sur le port, le patron de l'OMS Tedros Adhanom, qui doit rencontrer mardi le Premier ministre espagnol à Madrid, a tenu à rassurer les passagers : "Vous êtes maintenant entre de bonnes mains. Nous étions très inquiets : si vous étiez restés plus longtemps sur le navire, la situation aurait pu devenir difficile".
Et à leurs concitoyens qui s'apprêtent à les accueillir, il a tenu à adresser ce message d'apaisement: "Il n’y a rien à craindre, le risque est faible : ce n'est pas un autre COVID", avant de souligner l'importance de "croire en la science" et de suivre les recommandations de confinement.
Parmi les croisiéristes et membres de l'équipage déjà évacués et testés, un Américain et une Française ont été testés positifs à l'hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Côté espagnol, les premiers résultats provisoires font état d'un cas positif et de 13 autres négatifs, ont annoncé les autorités sanitaires.
Les autres occupants du bateau sont dans l'attente de leur dépistage ou du résultat de celui-ci.
Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont mortes: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.
- "Possibilité" de futurs cas -
"En raison des incertitudes persistantes et de la longue période d'incubation (pouvant aller jusqu'à six semaines, ndlr), il est possible que nous constations d'autres cas parmi d'anciens passagers et membres d'équipage dans les semaines à venir", a d'ores et déjà mis en garde Pamela Rendi-Wagner, la directrice d'une agence sanitaire de l'UE (ECDC), dans un communiqué.
Un autre passager américain présente des "symptômes légers", selon le ministère américain de la Santé, tandis que le gouvernement français a fait état de 22 cas contacts identifiés en France, appelant toutefois la population à ne pas céder à "la panique".
La crise à bord du MV Hondius a ravivé les souvenirs de la pandémie de Covid-19, même si l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) martèle que la situation actuelle n'est pas comparable à celle de 2020.
La variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'être humain à être humain.
L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
Considérés comme des "contacts à haut risque" par l'OMS, les personnes évacuées du Hondius feront toutes l'objet d'une surveillance pendant plusieurs semaines, en plus d'un placement en quarantaine, selon les protocoles mis en place par chaque pays.
"L'isolement des malades mis en place sans délai interrompt rapidement la chaîne de transmission", a expliqué auprès de l'AFP Raúl González Ittig, biologiste pour l'Agence nationale de recherche scientifique de l'Argentine, un pays confronté à un foyer d'hantavirus qui a fait 11 morts en 2018-2019.