Guterres avertit que l'Onu est au bord d'un "effondrement financier"
information fournie par Reuters 30/01/2026 à 17:55

par Emma Farge

Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, a prévenu les États membres de l'organisation que celle-ci risquait un "effondrement financier imminent", invoquant des cotisations impayées et une règle budgétaire obligeant les Nations unies à restituer les fonds non dépensés, selon une lettre consultée vendredi par Reuters.

Antonio Guterres a évoqué à plusieurs reprises l'aggravation de la crise de liquidités de l'organisation, mais il s'agit là de sa mise en garde la plus sévère à ce jour alors que le principal contributeur de l'Onu, les États-Unis, sont en train de se retirer de multiples initiatives multilatérales.

"La crise s'aggrave, menaçant la mise en œuvre des programmes et faisant planer le risque d'un effondrement financier. Et la situation va encore se détériorer dans un avenir proche", a-t-il écrit dans une lettre aux ambassadeurs datée du 28 janvier.

Les États-Unis ont réduit leur financement volontaire des agences des Nations unies et refusé de procéder à des paiements obligatoires contribuant au budget ordinaire de l'organisation, ainsi qu'aux opérations de maintien de la paix.

Le président américain Donald Trump a déclaré que l'Onu avait un "grand potentiel" mais qu'elle ne l'exploitait pas. Il a également mis sur pied un "Conseil de la paix" qui pourrait nuire aux Nations unies.

Fondée en 1945, l'Onu compte 193 États membres et œuvre au maintien de la paix et de la sécurité internationales, à la promotion des droits de l'homme, au développement social et économique et à la coordination de l'aide humanitaire.

Selon Antonio Guterres, "des décisions de ne pas honorer les contributions obligatoires qui financent une part importante du budget ordinaire approuvé ont désormais été officiellement annoncées".

Le secrétaire général de l'Onu n'a toutefois pas indiqué le ou les pays ayant fait ces annonces et un porte-parole de l'organisation n'était pas disponible dans l'immédiat pour apporter des précisions.

Selon les règles de l'Onu, les contributions de chaque État membre dépendent de la taille de leur économie. Les États-Unis représentent 22% du budget de base, suivis par la Chine (20%).

Mais à la fin de 2025, le montant des contributions impayées atteignait le chiffre record de 1,57 milliard de dollars, a indiqué Antonio Guterres, sans toutefois nommer les pays concernés.

"Soit tous les États membres honorent leurs obligations de payer intégralement et dans les délais, soit les États membres doivent revoir en profondeur nos règles financières afin d'éviter un effondrement financier imminent", a-t-il écrit, prévenant que l'Onu risquait de se retrouver à court de liquidités d'ici juillet.

(Reportage Emma Farge, version française Benjamin Mallet)