Guerre en Ukraine : l'UE "préoccupée" demande au Kirghizstan de mettre fin au transit de biens sous sanctions européennes information fournie par Boursorama avec Media Services 26/02/2026 à 15:26
"Nous demandons que ces relations commerciales (entre le Kirghizstan et la Russie) n'impliquent pas le contournement délibéré de nos sanctions par le transit vers la Russie, via le Kirghizstan, de marchandises de l'UE soumises à des sanctions", a déclaré l'émissaire de l'Union européenne pour les sanctions, David O'Sullivan, ce jeudi 26 février.
Alors qu'un nouveau "paquet" de sanctions contre la Russie est en discussion, l'émissaire de l'Union européenne pour les sanctions, David O'Sullivan, a appelé ce jeudi 26 février les autorités du Kirghizstan, pays d'Asie centrale allié de Moscou, à mettre fin au transit de biens sous sanctions européennes réexportés vers la Russie et pouvant être utilisés par le complexe militaire russe.
"Nous sommes préoccupés par l'augmentation significative (...) des importations et réexportations de ces produits", a déclaré David O'Sullivan lors d'une conférence de presse dans la capitale kirghize, Bichkek, précisant que "cela concernait notamment les machines-outils et le matériel radio". Le diplomate a indiqué compter sur "l'aide du gouvernement kirghiz" pour "empêcher des acteurs économiques mal intentionnés d'utiliser la juridiction (kirghize) pour contourner nos sanctions sur un créneau très spécifique de produits qui alimentent directement le complexe militaire" russe.
Les autorités kirghizes ont répété ne pas aider délibérément la Russie
Bruxelles travaille à l'adoption d'un nouveau "paquet" de sanctions contre Moscou, le 20e depuis l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe le 24 février 2022. Le Kirghizstan pourrait être visé par l'Union européenne dans le cadre de son outil anti-coercition, une première, pour interdire l'exportation de toute machine-outil à commande numérique ou de radios vers des pays où il existe un risque élevé que ces produits soient réexportés vers la Russie. "Les flux commerciaux indiquent que ces marchandises sont importées au Kirghizstan dans le seul but d'être réexportées vers la Russie, en violation de nos sanctions", a ajouté le diplomate européen.
Selon lui, ces "augmentations sont considérables en pourcentage par rapport aux échanges d'avant-guerre" entre le Kirghizstan et des pays européens, précisant qu'il était possible de se "procurer beaucoup de composants qui peuvent aller dans des drones et missiles à un prix relativement bas". "Nous demandons que ces relations commerciales (entre le Kirghizstan et la Russie) n'impliquent pas le contournement délibéré de nos sanctions par le transit vers la Russie, via le Kirghizstan, de marchandises de l'UE soumises à des sanctions", a déclaré le "Monsieur sanctions" de l'UE. Les autorités kirghizes ont répété ne pas aider délibérément la Russie.
Par ailleurs, David O'Sullivan a souligné que le Kazakhstan, autre pays d'Asie centrale allié de Moscou mais partenaire économique de l'UE, avait "pris des mesures importantes pour empêcher le transit par son territoire de marchandises européennes destinées à un usage militaire". Plusieurs entités commerciales en Asie centrale ont déjà été visées par des sanctions européennes.