Guerre en Iran : "pas d'indication" que des installations nucléaires iraniennes aient été touchées dans les attaques, selon l'AIEA information fournie par Boursorama avec Media Services 02/03/2026 à 15:49
"La situation actuelle est très préoccupante", s'est alarmé le chef de l'agence des Nations Unies pour l'énergie nucléaire (AIEA), Rafael Grossi, ce lundi 2 mars.
Une situation à haut risque. Selon le chef de l'agence des Nations Unies pour l'énergie nucléaire (AIEA), Rafael Grossi, ce lundi 2 mars, il n'y a "pas d'indication" que des installations nucléaires iraniennes aient été touchées dans les attaques israélo-américaines contre l'Iran.
L'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Reza Najafi, a pour sa part fait état d'une attaque contre le site nucléaire iranien de Natanz, sans plus de précisions. A l'ouverture d'une réunion extraordinaire de l'agence consacrée à l'Iran, Rafael Grossi a renouvelé sa "demande à toutes les parties d'observer le maximum de retenue pour éviter une escalade supplémentaire". "S'agissant de l'état des installations nucléaires en Iran, à ce stade, nous n'avons pas d'indication qu'une quelconque installation nucléaire, incluant la centrale nucléaire de Bouchehr, le réacteur de recherche nucléaire de Téhéran ou d'autres installations du cycle de combustible nucléaire, aient été endommagées ou frappées", a-t-il dit.
"Les efforts pour contacter les autorités de régulation nucléaire iraniennes continuent, sans réponse à ce stade", a-t-il ajouté selon ses déclarations transmises par l'AIEA, en espérant que "ce canal de communication indispensable puisse être rétabli le plus tôt possible".
De son côté Reza Najafi a affirmé que le site de Natanz a été attaqué. "Le chef de l'Organisation de l'énergie atomique en Iran a adressé hier (dimanche, ndlr) une lettre au Directeur général (de l'AIEA, ndlr) pour l'informer que l'installation nucléaire de Natanz, qui est une installation faisant l'objet de mesures de sauvegarde, a été attaquée lors de cette agression", a-t-il dit à l'AFP. Le site de Natanz est une usine d'enrichissement d'uranium, qui a déjà fait l'objet d'une attaque israélienne en juin 2025.
L'agence tient une réunion extraordinaire à son siège de Vienne à l'initiative de la Russie, un allié de Téhéran qui en a fait la demande dès samedi, à la suite d'une requête similaire de l'Iran. Cette réunion extraordinaire précède une réunion ordinaire du conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui représente 35 pays. Rafael Grossi a souligné que "l'Iran et de nombreux autres pays dans la région qui font l'objet d'attaques militaires ont des centrales nucléaires et des réacteurs de recherche nucléaire opérationnels, ainsi que des sites associés de stockage de combustible, ce qui augmente la menace sur la sécurité nucléaire". Le responsable a insisté "sur le fait que la situation actuelle est très préoccupante".
Il a estimé qu'"on ne peut exclure une possible fuite radioactive avec des conséquences graves, incluant la nécessité d'évacuer des zones aussi ou plus grandes que celles de villes importantes". Rafael Grossi a mentionné le fait qu'outre l'Iran, les Emirats arabes unis ont quatre réacteurs nucléaires civils, et que la Jordanie et la Syrie ont des réacteurs de recherche nucléaire.
Lors d'une conférence de presse plus tard lundi, Rafael Grossi a déclaré aux journalistes qu'il maintenait ses déclarations antérieures. "Nous n'avons pas constaté d'activité militaire majeure visant leurs installations. Nous avons examiné différentes images satellites. Il se peut qu'il y ait quelque chose, mais rien d'important ni de comparable à ce que nous avons vu la dernière fois", a-t-il déclaré.
Une guerre de 12 jours en juin dernier a vu Israël et les Etats-Unis lancer des frappes contre des installations nucléaires iraniennes clés, notamment Natanz, auxquelles les inspecteurs de l'AIEA n'ont plus accès depuis lors. Aucun inspecteur de l'AIEA ne se trouve actuellement en Iran, a précisé Grossi, ajoutant que le dialogue avec l’Iran est "très limité" depuis le début des frappes. Washington et Tel-Aviv justifient en partie leur attaque de l'Iran comme un moyen d'empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique. Ce dernier dément que telle soit son intention et assure que son programme nucléaire a un seul objectif civil.