Guerre commerciale : sans citer la Chine, Paris et Berlin demandent un mécanisme européen pour mieux protéger l'UE
information fournie par Boursorama avec Media Services 05/10/2026 à 16:36

Paris et Berlin jugent les instruments européens actuels trop lents et légers, par rapport à l'arsenal commercial dont disposent la Chine ou les États-Unis.

( AFP / JOHN MACDOUGALL )

La Chine n'est pas directement citée, mais elle est dans toutes les têtes. Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont appelé l'Union européenne à se doter d'un nouvel arsenal juridique pour réagir beaucoup plus rapidement en cas de guerre commerciale. Avec pour objectif de "provoquer un préjudice comparable à celui qui nous est infligé".

Dans ce courrier adressé à Ursula von der Leyen et consulté par l' AFP , les deux dirigeants souhaitent que l'Europe dispose d'un outil qui permettrait "si nécessaire" d'aller jusqu'à exclure immédiatement du marché intérieur les biens et les services d'un pays qui mène une guerre commerciale contre l'UE. La Chine n'est pas explicitement mentionnée dans ce courrier, mais est dans toutes les têtes à Bruxelles, alors que le commissaire européen au commerce Maros Sefcovic se rend à Pékin jeudi et vendredi pour tenter de rééquilibrer les relations commerciales avec ce pays.

Les propositions de Paris et de Berlin sont conçues pour un scénario de guerre commerciale, par exemple si un pays interrompait ses livraisons de matières premières . L'Union européenne doit être capable de "provoquer un préjudice comparable à celui qui nous est infligé", explique une source au sein du gouvernement allemand.

Les outils actuels trop lents

Paris et Berlin jugent les instruments européens actuels trop lents et légers, par rapport à l'arsenal commercial dont disposent la Chine ou les États-Unis.

Emmanuel Macron et Friedrich Merz comptent présenter leurs propositions lors du prochain sommet des chefs d'État et de gouvernement européens à Bruxelles mi-octobre. Ces mesures devraient s'appliquer de manière identique à tous les partenaires commerciaux, conformément aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Mais la principale préoccupation de l'industrie européenne reste la Chine.

Le déficit commercial de l'UE avec la Chine est colossal, atteignant depuis l'an dernier autour d'un milliard d'euros par jour . Les Européens l'imputent en grande partie à des pratiques déloyales de Pékin, mettant selon eux en péril des secteurs industriels entiers comme l'automobile et la chimie.

Le déficit commercial "a atteint un point de bascule", avait prévenu en septembre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, accusant ce "choc chinois" de nourrir "la désindustrialisation" de l'Europe.

Selon des diplomates européens, pour étoffer leur arsenal de défense, les Vingt-Sept pourraient s'inspirer de la Section 301, un dispositif américain qui permet de surtaxer de manière ciblée et rapide les produits de pays accusés de pratiques déloyales.