Guerre au Proche-Orient : le choc énergétique en France sera moins important que celui provoqué par l'invasion russe de l'Ukraine, selon l'Insee information fournie par Boursorama avec Media Services 18/06/2026 à 14:23
Le taux de change explique en particulier que le choc soit moins ressenti cette année, mais aussi la moindre dépendance de la Freance aux produits pétroliers.
Le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen -Orient va avoir moins d'impact sur la croissance française que celui engendré par la guerre en Ukraine en 2022, ou lors des chocs pétroliers des années 70, a estimé mercredi 17 juin l'Insee.
Malgré la flambée récente du prix du pétrole, qui est allé jusqu'à doubler par rapport à 2025 où le baril de qualité Brent s'échangeait à quelque 60 dollars, la crise amputerait au total le revenu national de 0,2 point cette année. Or c'était 1,4 point en 2022 et trois points pendant les chocs pétroliers des années 70, guerre du Kippour en 1973 puis révolution iranienne en 1979, remarque l'Insee dans sa note de conjoncture trimestrielle.
L'Institut national de la Statistique remarque au passage que le pic de prix n'a pas été atteint pendant une de ces crises, mais en juin 2008, juste avant celle des subprimes, quand la demande était énorme et que le prix du baril dépassait 130 dollars.
Le taux de change explique en particulier que le choc soit moins ressenti cette année . C'est en effet en 2022, quand l'euro, très déprécié, était à parité avec le dollar, que le prix du baril a atteint son maximum pour les pays de la zone euro.
La baisse continue de la dépendance de la France aux produits pétroliers
Ensuite, la crise actuelle se concentre essentiellement sur le pétrole alors que les prix du gaz et de l'électricité s'étaient aussi envolés en 2022, en raison de "craintes de ruptures d'approvisionnement en gaz après l'embargo contre la Russie", et "d'une indisponibilité d'une large fraction du parc nucléaire français".
La baisse continue de la dépendance de la France aux produits pétroliers fait aussi la différence, grâce au nucléaire mais aussi à une meilleure efficacité énergétique de l'industrie, selon l'Insee.
L'institut relève que "le choc actuel pourrait même contribuer à amplifier la tendance récente à l'électrification du parc de véhicules en France , ce qui réduirait encore davantage la dépendance de l’Hexagone aux produits pétroliers".
Pour autant, le choc n'est pas indolore pour les ménages. En 2022, l'État "avait mis en place des subventions généralisées à la pompe", remarque l'Insee, alors que cette année le gouvernement n'a pris que des mesures d'aide aux entreprises et aux ménages très ciblées. Résultat, le "pouvoir d'achat en produits pétroliers" des ménages baisserait de 20% actuellement par rapport à 2025, exactement comme en 2022.