Guerre au Moyen-Orient: une escalade du conflit pèserait sur la croissance allemande, selon l'IFO information fournie par Boursorama avec AFP 12/03/2026 à 13:39
Une escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait freiner la reprise prévue de l'économie allemande en 2026 et en 2027, aussi dans une moindre mesure un scénario de désescalade, selon une étude publiée jeudi par l'institut de conjoncture Ifo.
Un conflit prolongé ferait perdre 0,8 point de pourcentage sur ces deux années, par rapport à une situation sans conflit, avec une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 0,6% en 2026, contre 1% selon la précédente estimation, et de 0,8% en 2027, contre 1,2%, indique l'institut munichois.
Dans ce scénario, la hausse des prix de l'énergie persiste et accélère, et l'inflation pourrait atteindre un pic de près de 3%.
Cela pourrait forcer la Banque centrale européenne à réagir en relevant ses taux directeurs, un durcissement monétaire qui pèserait aussi sur la croissance, ajoute l'institut.
A l'inverse, dans un scénario de résolution rapide du conflit, la hausse des prix de l'énergie temporaire n'amputerait la hausse du PIB que de 0,2 point de pourcentage pour 2026, à 0,8%. En 2027, elle se maintiendrait comme prévu à 1,2%.
Dans les deux scénarios, la reprise économique, qui doit être portée par les investissements massifs dans les infrastructures et la défense, ne s'arrête pas mais est freinée par la perte de pouvoir d'achat des ménages, des exportations moins dynamiques et des coûts de production plus élevés.
L'Ifo estime par ailleurs que contrairement à la crise énergétique de 2022 à la suite de l'invasion russe en Ukraine, l'Allemagne n'est pas menacée par une pénurie immédiate car elle ne s'approvisionne "que dans une proportion limitée" en énergie auprès des pays du Golfe.
Les deux scénarios envisagés par l'institut partent de l'hypothèse qu'il n'y aura pas d'interruptions majeures des chaînes d'approvisionnement mondiales.
En revanche, "si la guerre venait à se transformer en un vaste conflit et à paralyser les voies de transport aérien et maritime pendant une période prolongée", cela "pourrait imposer un fardeau supplémentaire à l'économie industrielle allemande".