Guerre au Moyen-Orient : les transporteurs routiers demandent des aides, mais ressortent déçus d'une réunion avec le gouvernement information fournie par Boursorama avec Media Services 18/03/2026 à 09:19
Le gouvernement s'est engagé "à étudier toutes les solutions" proposés par les transporteurs routiers.
"Il faut nous aider". Les transporteurs routiers multiplient les appels à l'aide, alors que les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des carburents menacent de nombreuses entreprises du secteur. Une réunion mardi 18 mars avec le gouvernement n'a pas permis d'obtenir de garanties, selon le secteur.
"C'est une grosse déception, on ne nous a rien proposé" , a déclaré à l' AFP Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR qui réunit 5.000 entreprises du transport routier de marchandises, dont 80% affichent moins de 10 salariés. "Certaines entreprises sont déjà prêtes à mettre la clé sous la porte" a-t-elle dit, "elles se sont fait livrer la semaine dernière du carburant qu'elles ont payé comptant 30% plus cher que la semaine précédente, alors qu'elles-mêmes ne seront payées par leurs clients que dans un mois" a-t-elle ajouté.
"Certains ne peuvent plus payer leurs carburant (...) et vont arrêter les camions", a-t-elle ajouté.
"Nous étions venus avec des demandes concrètes, des attentes fortes et nous repartons avec rien" a renchéri Jean-Marc Rivera, délégué général de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE).
"Depuis que la guerre a éclaté, nous répétons chaque jour aux cellules de crise de Bercy et au ministère des Transports (DGTIM), notre tutelle, qu' il faut nous aider à passer le cap des conséquences de cette guerre , et tout ce que nous obtenons comme réponse est 'on va regarder'", a ajouté Florence Berthelot.
Les routiers espagnols aidés
Selon elle, les "routiers espagnols sont en train d'obtenir des aides directes, que les routiers français avaient obtenu lors du début de la guerre en Ukraine". "Ils auront un avantage compétitif supplémentaire sur nous", a-t-elle affirmé.
Le secteur du transport "a mis sur la table un certain nombre de propositions sur la question des encours, des impayés, ou des report de charges sociales, et nous nous engageons à étudier toutes les solutions qu'ils proposent aujourd'hui" a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot à la sortie de la table ronde qu'il présidait avec sa collègue Maud Brégeon, en charge de l'énergie à Bercy.
"Nous ne sommes pas dans la situation de 2022 (...) la situation n'a rien à voir" a fait valoir Maud Brégeon. "Nous avons des stocks, nous avons diversifié nos approvisionnements , nous avons un parc nucléaire qui tourne à plein et qui protège les factures d'électricité des Français" a-t-elle dit.
La FNTR demande notamment à l'État qu'il publie un indice de référence du carburant tous les quinze jours au lieu de tous les mois, afin de faire évoluer plus vite l'évolution des prix des carburants dans leurs propres factures.