Guerre au Moyen-Orient : la BCE ne doit pas "baisser la garde" face à l'inflation (haute responsable)
information fournie par Boursorama avec AFP 06/03/2026 à 18:07

( AFP / DANIEL ROLAND )

L'environnement actuel marqué par la guerre au Moyen‑Orient et la flambée des prix de l'énergie oblige la Banque centrale européenne (BCE) à ne pas "baisser la garde" face aux risques inflationnistes, a prévenu vendredi une haute responsable de l'institution.

"Nous ne devons pas baisser la garde, car le contexte géopolitique et macroéconomique actuel crée des risques de hausse de l'inflation" sur la période de référence où la BCE prend ses décisions, soit un horizon de deux à trois ans, a déclaré Isabel Schnabel, membre du directoire de l'institut monétaire, lors d'un discours prononcé à New York.

Adoptant d'abord un ton prudent, la banquière centrale, positionnée parmi les "faucons" adeptes d'une politique monétaire restrictive, juge que la politique actuelle est en "bonne position", avec l'inflation dans la zone euro, prévue pour rester à l'objectif de 2 % à moyen terme, et des anticipations d'inflation bien ancrées.

Elle a en revanche insisté sur la nécessité de surveiller "la persistance du choc sur les prix de l'énergie", alors que la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran depuis samedi dernier a entraîné une forte hausse des prix du pétrole et du gaz.

Il faudra aussi regarder de près l'"impact sur les anticipations d'inflation et tout signe que les entreprises commencent à répercuter les coûts plus élevés sur leurs clients ".

Ce message suggère que la BCE reste prête à agir si l'inflation repartait à la hausse, comme elle avait dû le faire en 2022 après la remontée rapide et brutale de l'inflation suite à la guerre d'invasion russe en Ukraine, prélude à une série sans précédent de hausse des taux.

Plusieurs banquiers centraux en zone euro ont mis en garde cette semaine contre un possible rebond de l'inflation si le conflit se prolonge.

La BCE, qui a laissé ses taux directeurs inchangés depuis la dernière baisse opérée en juin 2025, se réunira de nouveau le 19 mars en disposant de nouvelles projections économiques pour guider ses décisions.