Guerre au Moyen-Orient: l'organisation patronale Swissmem (industrie) préoccupée
information fournie par Boursorama avec AFP 02/03/2026 à 17:46

Tyre, au Liban, le 2 mars 2026 après une attaque américano-israélienne. ( AFP / KAWNAT HAJU )

Le président de l'organisation patronale Swissmem, qui représente les entreprises industrielles suisses, s'est dit "préoccupé" lundi par l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur les coûts de l'énergie et de logistique ainsi que par la force du franc suisse.

"Nous nous attendons à une hausse des coûts de l'énergie en Europe qui dépend beaucoup de cette région pour le gaz naturel liquéfié", a déclaré Martin Hirzel, le président de cette organisation qui représente notamment les fabricants de machines-outils et équipements industriels.

"La logistique et les chaînes d'approvisionnement vont encore être perturbées", "ce qui est mauvais pour nos coûts" et "le franc suisse va certainement être à nouveau sous pression", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Zurich où il faisait un point sur le bilan de 2025 et perspectives pour le secteur en 2026.

S'il est "encore trop tôt" pour évaluer les répercussions sur les entreprises, il s'est dit "préoccupé" car "cela crée de l'insécurité" dans un environnement économique déjà très incertain.

"Lorsque vous voulez acheter une machine suisse, dont le prix peut facilement dépasser un million (de francs suisses), vous réfléchissez à deux fois dans de tels moments, avec aux États-Unis ce chaos autour de la situation en matière de tarifs douaniers et un ralentissement en Chine", a-t-il expliqué.

Pour M. Hirzel, 2025 a été "une année perdue" pour l'industrie suisse. Les exportations du secteur ont chuté de 7,6% vers les États-Unis et de 11,2% vers la Chine.

Elles se sont toutefois accrues de 3,5% vers l'Union européenne, portant le total des exportations à 68,1 milliards de francs suisses (74,7 milliards d'euros), en hausse de 0,7% sur un an, selon Swissmem, qui y englobe aussi les chiffres des autres branches industrielles que l'organisation patronale représente, dont les fabricants d'instruments de mesure, de matériel ferroviaire et la métallurgie.

Au second semestre, les carnets de commandes se sont redressés, mais les perspectives restent "en demi-teinte" pour 2026 compte tenu de l'incertitude macroéconomique et géopolitique, selon l'organisation patronale.

Pour l'industrie suisse, "l'Iran n'est pas un marché pertinent", a indiqué M. Hirzel. "Ces dernières années", le secteur a en revanche enregistré "une belle croissance" en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et à Oman, "qui représentent ensemble environ un milliard de francs d'exportations", a-t-il quantifié.