Groupe Altrad : la justice enquête sur une fraude fiscale d'un montant potentiel de 400 millions d'euros information fournie par Boursorama avec Media Services 23/06/2026 à 14:13
Le montage aurait consisté à sortir ces sommes de la marge du groupe, en jouant sur les nombreuses filiales à l'international via un hub basé à Dubaï.
Le parquet national financier (PNF) a indiqué lundi 22 juin avoir ouvert une enquête préliminaire pour fraude fiscale qui vise le groupe de services industriels Altrad où des perquisitions ont été conduites la semaine dernière.
L'enquête pénale, en cours depuis une plainte de l'administration fiscale mi-avril, est ouverte pour les infractions de fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée en bande organisée , a précisé le PNF.
Les perquisitions, qui ont mobilisé "une cinquantaine d'enquêteurs", ont été conduites "dans divers lieux en France", dont le siège de Montpellier, selon la même source. "Des auditions sont intervenues pour les personnes physiques sous le régime de l'audition libre. Il n’y a donc pas eu de garde à vue", a ajouté le PNF.
Selon une source interne au groupe, qui a requis l'anonymat, les soupçons portent sur un système de fraude fiscale d'un montant annuel compris "entre 23 et 86 millions d'euros par an sur la période 2018-2024 , soit un montant total compris entre 350 et 400 millions d'euros".
Hub basé à Dubaï
Le montage aurait consisté à sortir ces sommes de la marge du groupe, en jouant sur les nombreuses filiales à l'international via un hub basé à Dubaï. Ces informations ne sont pas confirmées à ce stade par le PNF.
Sollicité par l' AFP , le président du groupe, Mohed Altrad, n'a pas réagi dans l'immédiat. Son entreprise, spécialiste des services à l'industrie du BTP, a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires d’environ 6 milliards d'euros, et emploie 65.000 salariés.
Mohed Altrad est par ailleurs patron du club de rugby de Montpellier (MHR) qui affrontera le Stade Toulousain en finale du Top 14 samedi.
En décembre 2022, Mohed Altrad avait été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris d'avoir noué un pacte de corruption avec l'ex-patron de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte. Il avait écopé d'une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis et 50.000 euros d'amende. Tous les deux doivent être rejugés en appel en septembre.