Grande-Bretagne: Sévère défaite des conservateurs dans un scrutin local, Johnson dans la tourmente information fournie par Reuters 17/12/2021 à 10:01
par William James
LONDRES (Reuters) - Le Parti conservateur du Premier ministre britannique Boris Johnson, affaibli par une série de scandales, a subi une sévère défaite électorale dans l'un de ses fiefs, un revers interprété attribué par le chef de file des Tories, Oliver Dowden, comme un signe du "ras-le-bol" des électeurs.
La candidate centriste des Libéraux-démocrates, Helen Morgan, s'est imposée avec près de 6.000 voix d'avance dans la circonscription rurale du North Shropshire, dans le centre de l'Angleterre, acquise aux conservateurs depuis près de deux siècles.
"Ce soir, les habitants du North Shropshire ont parlé au nom de l'ensemble des Britanniques. Ils l'ont dit très clairement: 'Boris Johnson, la fête est finie'", a déclaré Helen Morgan dans son discours de victoire.
"Notre pays réclame du leadership à corps et à cri. M. Johnson, vous n'êtes pas un dirigeant", a-t-elle ajouté.
Cette claque électorale survient alors que Boris Johnson, déjà confronté à une flambée de l'épidémie de COVID-19 alimentée par le variant Omicron, est fragilisé par une série de scandales, notamment des informations de presse faisant état de fêtes de Noël à Downing Street l'an dernier, alors que le pays était soumis à de sévères restrictions.
"Les électeurs du North Shropshire en avaient ras-le-bol et nous ont donné un grand coup de pied", a déclaré vendredi sur Sky le chef de file des Tories, Oliver Dowden.
MESSAGE REÇU
"Je pense qu'ils voulaient nous faire passer un message et je tiens à dire que nous l'avons clairement entendu", a-t-il ajouté.
Si les élections anticipées sont généralement le moyen pour les électeurs de contester le parti au pouvoir, l'ampleur de la victoire de la candidate des LibDems laisse entrevoir que le mécontentement à l'égard du gouvernement de Boris Johnson est profondément enraciné.
A l'échelle nationale, les sondages d'opinion suggèrent que les conservateurs se laissent distancer par les travaillistes, dans le sillage d'une succession de scandales ayant écorné la popularité de Boris Johnson, par exemple les modalités de financement de la rénovation de son appartement à Downing Street, les fêtes organisées par ses services pendant les périodes de confinement, les relations entre députés et lobbyistes, ou encore sa gestion contestée de la crise sanitaire.
Le scrutin anticipé dans la circonscription du North Shropshire a été organisé après la démission le mois dernier du précédent titulaire du siège, le conservateur Owen Paterson, dont une enquête a conclu qu'il avait été rémunéré pour des actions de lobbying, ce qui est interdit.
Sur le plan politique, ce revers électoral s'ajoute aux récentes difficultés rencontrées par le Premier ministre au sein de son propre camp. Boris Johnson vient d'essuyer la pire révolte d'élus conservateurs au Parlement de Westminster, une centaine d'entre eux ayant voté contre les dernières restrictions sanitaires.
Boris Johnson dispose encore d'une large majorité au Parlement après sa large victoire de 2019 acquise sur sa promesse de mener à bien le Brexit.
Les prochaines législativs sont prévues en 2024 au Royaume-Uni.
(Reportage William James, version Myriam Rivet, édité par Nicolas Delame)