Grande-Bretagne/Epstein: Sous pression, Starmer exclut de démissionner information fournie par Reuters 09/02/2026 à 16:38
Le directeur de la communication de Keir Starmer a démissionné lundi, disant vouloir favoriser la constitution d'une nouvelle équipe pour soutenir le dirigeant britannique, mis sous pression après sa décision de nommer Peter Mandelson ambassadeur aux États-Unis.
Le départ de Tim Allan intervient au lendemain de la démission de Morgan McSweeney, principal conseiller de Keir Starmer, qui a déclaré assumer la responsabilité d'avoir poussé la nomination de Peter Mandelson, dont les liens étroits avec Jeffrey Epstein ont suscité des interrogations sur le jugement du Premier ministre et sa capacité à gouverner même si ce dernier exclut toujours de démissionner.
Keir Starmer s'est adressé aux équipes de son bureau de Downing Street, les appelant à rester unies. "Nous devons prouver que la politique peut être une force pour le bien", leur a-t-il déclaré.
"Je crois que c'est possible. Je crois que c'est le cas. Nous avançons à partir d'ici. Nous avançons avec confiance alors que nous continuons à changer le pays."
Cette nouvelle démission n'a toutefois guère suffi à apaiser les tensions ni à faire taire les voix appelant Keir Starmer à quitter ses fonctions.
"Le Premier ministre (...) poursuit la tâche de porter le changement dans le pays", a cependant dit son porte-parole à des journalistes.
Les coûts d'emprunt du gouvernement britannique ont augmenté, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant à l'orientation future de la politique budgétaire du gouvernement travailliste.
REPRENDRE LA MAIN
Après avoir décidé dimanche avec Morgan McSweeney que le moment était venu pour ce dernier de partir, Keir Starmer espérait reprendre la main sur le récit politique et tenter de recentrer l'action gouvernementale sur des priorités jusqu'ici éclipsées, notamment la lutte contre la crise du coût de la vie et la relance de l'économie britannique.
La cheffe de l'opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a accusé Keir Starmer d'être incapable de diriger son gouvernement.
"Il est comme un sac plastique emporté par le vent. Nous avons besoin qu'il reprenne le contrôle et, s'il n'en est pas capable, quelqu'un d'autre au sein du Parti travailliste doit le faire, ou alors il faut organiser une élection", a-t-elle déclaré à Sky News.
Keir Starmer espérait que Tim Allan, nommé en septembre pour renforcer une équipe de Downing Street en difficulté, aiderait le gouvernement à mieux faire entendre sa voix dans les médias britanniques. L'ancien conseiller de l'ex-Premier ministre Tony Blair a toutefois souvent été critiqué pour sa lenteur à prendre des décisions.
"J'ai décidé de me retirer afin de permettre la mise en place d'une nouvelle équipe à Downing Street. Je souhaite au Premier ministre et à son équipe plein succès", a déclaré Tim Allan dans un communiqué.
STARMER DOIT RENCONTRER DES DÉPUTÉS
Le nouveau scandale concernant Peter Mandelson, qui aurait été limogé de son poste d'ambassadeur aux États-Unis en septembre, est survenu après la publication le mois dernier de dossiers du ministère américain de la Justice comprenant des courriels suggérant qu'il aurait transmis à Jeffrey Epstein des échanges sur d'éventuelles ventes d'actifs britanniques et des modifications fiscales pendant la crise financière.
Peter Mandelson a déclaré ne pas se souvenir avoir reçu des paiements. Il n'a pas commenté publiquement les accusations de fuite de documents et n'a pas répondu aux demandes de commentaire.
Keir Starmer doit rencontrer ce lundi des députés travaillistes afin de tenter d'apaiser la colère suscitée par la gestion de la nomination de Peter Mandelson et d'étouffer les appels à sa démission.
Concernant le départ de Morgan McSweeney, un député travailliste a qualifié la décision de "politiquement sourde", estimant sous le sceau de l'anonymat qu'il aurait dû démissionner dès la révélation des nouvelles accusations la semaine dernière, plutôt que de prolonger la situation "pour voir s'il pouvait survivre".
Peter Mandelson fait désormais l'objet d'une enquête policière pour des soupçons de manquement à la probité publique.
Keir Starmer a défendu son action, accusant Peter Mandelson d'avoir entretenu une "litanie de tromperies" sur ses liens avec Jeffrey Epstein et promettant de rendre publics les documents relatifs à sa nomination.
(Reportage Sam Tabahriti, version française Sophie Louet et Nicolas Delame, édité par Benjamin Mallet et Kate Entringer)