Grand Steeple-Chase de Paris : François Nicolle l'homme des challenges information fournie par AFP 15/05/2026 à 18:55
François Nicolle, dans le trio de tête des entraineurs de chevaux d'obstacle en France, a remporté le Grand Steeple-Chase de Paris en 2025 avec son élève Diamond Carl. Installé à Saint-Augustin (Charente-Maritime) dans son centre d'entrainement privé, le Charentais va tenter cette année de doubler la mise dans cette course marathon de six kilomètres jonchée de 23 obstacles. il espère vaincre avec Kentucky Wood, âgé de 6 ans.
Q : Que représente le Grand Steeple-Chase de Paris et quelles sont les difficultés du parcours ?
R : Le Grand Steeple c'est le Graal. C'est la victoire de toute une équipe, de l'entraîneur, du jockey mais aussi du cavalier d'entraînement qui rêve encore plus d'une victoire que nous. Le parcours : des gros obstacles, des rythmes élevés, pas de temps morts. Il faut des chevaux très courageux qui sautent parfaitement et un peu de chance.
Q: Comment préparez-vous vos champions ?
R : J'amène le cheval sur la course avec un moral d'acier. Le travail est fait en amont dans les courses préparatoires. La victoire c'est juste une question de mental. Le cheval doit arriver comme un gladiateur le jour J.
Q : Comment attribuez-vous le jockey ?
R : C'est le propriétaire qui choisit le jockey mais il faut une affinité entre l'homme et le cheval qui forment un couple.
Q : Sur l'anneau en sable de 1.400 mètres une trentaine de vos élèves défilent devant vous au pas, au trot et au galop. Qu'observez-vous ?
R : Je regarde si le cheval est souple, s'il a bon oeil, un beau poil, s'il est pimpant. Le cheval voit l'ostéo tous les quinze jours, le dentiste deux fois par an et le vétérinaire tous les quinze jours. Je dois être vigilant au moindre bobo qui peut coûter très cher!
Q : Justement, on parle énormément du bien-être animal, les courses sont réputées dangereuses pour les hommes et les chevaux, les défenseurs des animaux dénoncent les accidents. Quel regard portez-vous sur la discipline de l'obstacle et son avenir ?
R : On veille au bien être animal : on aime nos chevaux, on est proche d'eux, on ne veut pas qu'ils se fassent mal. Mais, quand on fait du sport à haut niveau, les accidents arrivent, comme lors des matchs de foot ou en formule 1. Les chevaux peuvent se faire des félures, des fractures, des claquages... Il y a des accidents, même en plat et au trot, et plus le matin que l'après-midi en course. J'espère que les courses d'obstacles auront un avenir dans les années qui viennent.
Q : Quelle est la valeur marchande d'un vainqueur de Grand Steeple ?
R : Sa valeur augmente énormément, c'est presque indécent de refuser les offres. Les courses sont devenues un business. Le propriétaire est roi. Il y a énormément de transactions avec les chevaux français. Les étrangers achètent beaucoup de poulains de trois ans qui débutent. Je salue d'ailleurs mes propriétaires, la famille Papot ou encore la famille Détré qui refusent des propositions monstrueuses à plusieurs milliers d'euros. C'est courageux car demain les chevaux peuvent avoir une tendinite, faire des coliques et perdre de leur valeur. Dans mon écurie, les chevaux valent entre 15.000 euros et un million d'euros.
Q : Quel avenir pour vos chevaux après les courses ?
R : Je veux qu'ils aient une belle retraite chez des particuliers. J'en donne aux cavalières de concours hippiques et certains restent à la maison.
Q : A 67 ans, vous avez tout gagné en France, pensez-vous à la retraite ou à de nouveaux challenges ?
R : Mon prochain challenge : un autre Grand Steeple et une participation à Cheltenham en Angleterre dans la Gold Cup, une course disputée en steeple sur 5.300 mètres.
Q : votre métier résumé en quelques mots ?
Humilité, observation et analyse.