Gifi, en difficulté, nomme à sa tête un ancien dirigeant de Casino
information fournie par Boursorama avec AFP 13/02/2026 à 14:42

( AFP / PHILIPPE LOPEZ )

Le groupe Gifi, en grande difficulté, a annoncé vendredi la nomination de Gérard Walter, ancien dirigeant au sein du groupe Casino, pour tenter de redresser l'enseigne de magasins de bazar qui a connu plusieurs changements de gouvernance ces derniers mois.

Après l'éviction fin janvier de Christophe Mistou (ex-Castorama et Mr.Bricolage), resté seulement cinq mois, la chaîne fondée par Philippe Ginestet s'est tournée vers M. Walter, nommé président du directoire avec prise de fonction immédiate.

Celui-ci a réalisé l'essentiel de sa carrière au sein du groupe Casino, débutant comme chef de rayon en 1985 jusqu'à devenir directeur général des hypermarchés Géant Casino, ainsi que de la logistique et de Casino Restauration.

"Gérard Walter aura pour mission de poursuivre les actions engagées et d'accompagner le développement du groupe, en s'appuyant sur l'équipe de direction en place", a écrit le conseil de surveillance de Gifi dans un communiqué.

Depuis la mise en retrait de Philippe Ginestet fin 2024, plusieurs dirigeants se sont succédé à la tête de Gifi, sans relever l'enseigne.

"On espère que M. Walter sera vraiment là pour redresser la boîte et pas pour se servir", a réagi Pierre Laffore, délégué syndical CFDT de Gifi, auprès d'un correspondant de l'AFP.

Les problèmes de Gifi ont commencé avec un changement de système informatique raté en 2023, auquel s'est ajoutée la concurrence d'autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes internet comme Temu.

L'an dernier, l'enseigne fondée en 1981 a envisagé de réduire de 5% ses effectifs (6.000 personnes en France), avant d'interrompre ce plan social au cours de l'été. Elle s'est depuis rapprochée du distributeur alimentaire Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins au cours de l'année 2026.

Selon le quotidien Libération, les pertes de Gifi pourraient atteindre 80 millions d'euros en 2025 et les banques créancières seraient réticentes à injecter 50 millions d'euros supplémentaires dans le groupe.

Pour Pierre Laffore, le niveau de pertes évoqué n'est pas absurde "mais l'entreprise a été bénéficiaire pendant 40 ans et on ne peut pas la résumer à ces dernières années où elle est en difficulté", fait-il valoir.

"Avec les salariés, Philippe Ginestet et ce nouveau dirigeant, on a de l'espoir, l'entreprise peut se redresser. Elle ne sera peut-être plus jamais +numéro un+ mais elle peut redevenir bénéficiaire. Il y a quatre ans, elle faisait encore 65 millions de bénéfice", rappelle le représentant syndical.