GB-Starmer s'excuse auprès des victimes d'Epstein et charge Mandelson information fournie par Reuters 05/02/2026 à 13:14
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, fragilisé par de nouvelles révélations sur les liens entre Jeffrey Epstein et l'ex-ambassadeur aux Etats-Unis Peter Mandelson, a présenté jeudi ses excuses aux victimes du pédocriminel et dit regretter d'avoir nommé l'ancien ministre travailliste à Washington.
Au sein même de son parti, Keir Starmer est vivement critiqué pour son absence de discernement lorsqu'il a nommé Peter Mandelson en février 2025 alors que la proximité entre Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019, et l'ancien ministre de Tony Blair et Gordon Brown était déjà connue.
Peter Mandelson, 72 ans, avait été relevé de ses fonctions en septembre dernier à la suite d'une première salve de révélations. Il a depuis été déchu de son titre de "lord" et a quitté le Parti travailliste. Il fait désormais l'objet d'une enquête judiciaire sur ses agissements présumés dans le cadre de ses fonctions officielles.
La mise au jour par le département américain de la Justice, la semaine dernière, de nouveaux documents accablants dans ce dossier tentaculaire ravive la pression sur Keir Starmer, dont certains députés au sein du Labour évoquent le départ.
Peter Mandelson est notamment soupçonné d'avoir transmis à Jeffrey Epstein des informations confidentielles susceptibles d'avoir un impact sur les marchés lorsqu'il était ministre du Commerce en 2009.
Déjà sur le gril mercredi aux Communes, le chef du gouvernement britannique est allé plus loin jeudi dans son mea culpa et ses attaques contre Peter Mandelson pour tenter de sauver la face - et son poste.
"Il était su publiquement depuis un certain temps que Mandelson connaissait Epstein, mais aucun d'entre nous ne connaissait la profondeur et la noirceur de cette relation", a-t-il déclaré en marge d'un déplacement dans le sud de l'Angleterre.
"Je tiens à dire ceci (aux victimes d'Epstein) : je suis désolé. Désolé pour ce qui vous a été fait, désolé que tant de personnes au pouvoir vous aient déçues, désolé d'avoir cru aux mensonges de Mandelson et de l'avoir nommé", a-t-il souligné.
Le Premier ministre britannique s'était engagé à publier les documents liés à la désignation de Peter Mandelson mais il est revenu sur cette promesse jeudi, expliquant se conformer à la demande de la police de ne rien divulguer qui puisse nuire à l'enquête.
(Reportage William James et Paul Sandle, rédigé par Kate Holton, Mara Vîlcu pour la version française, édité par Sophie Louet)