GB-Starmer face à la multiplication des appels à la démission au sein de son propre camp information fournie par Reuters 12/05/2026 à 10:07
Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'entretient ce mardi avec ses collègues du gouvernement pour voir s'il peut rester en poste, son appel à la stabilité et à l'unité au sein du Parti travailliste n'ayant pas fait taire, loin de là, les voix exigeant sa démission.
Selon les médias britanniques, plusieurs ministres, dont la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood et la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper, ont invité le locataire du 10, Downing Street, au pouvoir depuis juillet 2024, à fixer une date pour son départ.
Près de 80 députés, issus de différentes tendances idéologiques du parti, ont également demandé à Keir Starmer de fixer un calendrier en vue de son retrait, ce qui permettrait d'organiser sa succession à la direction du parti.
Aux termes du règlement du Parti travailliste, qui n'a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en 125 ans d'histoire, une motion de défiance à l'encontre du Premier ministre au profit d'un remplaçant doit recueillir les signatures de 20% du groupe parlementaire, soit 81 députés.
Lundi lors d'un discours, Keir Starmer a fait amende honorable après la déroute historique de sa formation aux élections locales du 7 mai, tout en assurant ne pas avoir l'intention de démissionner.
Mais, à la veille de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, les coûts d'emprunts britanniques sont en forte hausse - non loin du pic de près de 18 ans atteint en mars en raison des craintes inflationnistes avec la flambée du cours du pétrole - suggérant que les investisseurs n'excluent pas un changement de Premier ministre.
Darren Jones, ministre chargé des relations entre membres du gouvernement, a assuré que les jeux n'étaient pas faits pour Keir Starmer, malgré les appels à la démission et le départ, lundi, de quatre collaborateurs ministériels.
"Il écoute ses collègues, il parle avec ses collègues. Je ne peux présumer d'une décision qu'il pourrait ou ne pourrait pas prendre", a-t-il à Times Radio.
Keir Starmer est le quatrième Premier ministre britannique en cinq ans. Cette initiative contre lui intervient la veille du discours du roi, lors duquel Charles III ouvrira formellement la deuxième session du Parlement élu en 2024 et présentera les réformes à venir de l'exécutif.
(Kate Holton et Sarah Young, version française Benoit Van Overstraeten, édité par Jean-Stéphane Brosse)