GB-Starmer, dans la tourmente avec l'affaire Mandelson, s'exprime devant le Parlement
information fournie par Reuters 20/04/2026 à 01:07

Keir Starmer s'exprime lundi devant le Parlement sur fond d'appels à sa démission en raison de sa gestion du cas Peter Mandelson, haut membre du Parti travailliste que le Premier ministre avait nommé ambassadeur aux Etats-Unis alors même qu'il n'avait pas satisfait au contrôle préalable de ses antécédents.

Le dirigeant britannique a répété qu'il ne savait pas que Peter Mandelson, 72 ans, avait eu des liens avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein et qu'il n'avait pas été averti que son allié, limogé de son poste d'ambassadeur en septembre dernier, n'avait pas satisfait au contrôle préalable de ses antécédents en raison de ses liens avec Epstein.

A la suite de la publication par le département américain de la Justice de millions de documents liés à Jeffrey Epstein, dont certains suggérant que Peter Mandelson aurait transmis au financier américain des informations sur de possibles ventes d'actifs britanniques, Keir Starmer a présenté en février dernier ses "excuses" aux victimes d'Epstein et déploré les "mensonges" de Mandelson, excluant alors de démissionner.

Plusieurs membres de son équipe gouvernementale ont quitté leurs fonctions, tandis que des critiques ont fusé dans les rangs mêmes du Labour où a été déplorée l'absence de discernement du Premier ministre, dont la cote de popularité a plongé, loin du raz-de-marée électoral de l'été 2024.

Le scandale a été relancé par des informations jeudi du quotidien The Guardian selon lesquelles Peter Mandelson n'avait pas satisfait au contrôle de ses antécédents avant sa nomination comme ambassadeur, annoncée en décembre 2024 et effective deux mois plus tard.

Un haut représentant du ministère des Affaires étrangères, Olly Robbins, a été limogé dans la foulée jeudi. Robbins doit être entendu mardi par une commission parlementaire.

"SORDIDE ET HONTEUX"

Keir Starmer s'est dit vendredi furieux de ne pas avoir été averti, avant la semaine dernière, du couac dans le contrôle des antécédents de Peter Mandelson - des explications jugées invraisemblables par l'opposition. Il avait assuré au Parlement, après le limogeage de Peter Mandelson, que toutes les procédures adéquates avaient été suivies avant sa nomination, sans déclencher à l'époque une quelconque "alerte".

Le Premier ministre a promis vendredi de "présenter les faits pertinents" devant le Parlement ce lundi.

Mais les opposants de Keir Starmer accusent celui-ci d'avoir menti et d'être incompétent, estimant qu'il n'est plus possible que le dirigeant travailliste reste au pouvoir.

Ed Davey, chef de file des libéraux-démocrates, a reproché au Premier ministre d'avoir fait une "erreur de jugement catastrophique", tandis que Kemi Badenoch, à la tête de l'opposition conservatrice, a déclaré que Keir Starmer avait tout au mieux été imprudemment négligent.

"C'est une affaire sordide et honteuse pour vous et votre parti, et pour ce pays", a écrit Kemi Badenoch dans une lettre adressée dimanche au Premier ministre. "Non seulement vous avez endommagé notre relation avec les Etats-Unis et offensé les victimes du pédophile Jeffrey Epstein, mais en plus vous avez nui à notre sécurité nationale en accordant le plus important poste diplomatique à un individu jugé 'hautement préoccupant' par les services de sécurité", a-t-elle ajouté.

La secrétaire britannique à la Technologie, Liz Kendall, a déclaré que Keir Starmer n'aurait pas nommé Peter Mandelson comme ambassadeur s'il avait eu connaissance du problème lié au contrôle de ses antécédents, quand bien même le Premier ministre avait déjà annoncé avoir choisi Mandelson pour le poste.

"En aucun cas il n'aurait fait cela (...) Il aurait pensé que c'était une mauvaise chose", a-t-elle déclaré sur Sky News.

(Michael Holden; version française Jean Terzian)