GB/PMI-L'activité baisse avec la crise politique et la guerre en Iran information fournie par Reuters 21/05/2026 à 11:08
L'activité économique dans le secteur privé au Royaume-Uni est tombée à un creux de plus d'un an en raison de l'incertitude politique dans le pays et de l'impact de la guerre contre l'Iran, montre l'enquête préliminaire PMI S&P Global/CIPS UK publiée jeudi.
L'indice PMI composite, qui combine les données des services et celles de l'activité manufacturière, pour le mois de mai a chuté à 48,5 contre 52,6 en avril, première contraction depuis avril 2025.
Il est ainsi inférieur au seuil de 50,0 qui sépare expansion et baisse de l'activité et bien en dessous du consensus des économistes interrogés par Reuters qui prévoyait un chiffre de 51,6.
L'indice PMI des services a chuté de façon particulièrement brutale en mai pour tomber à son niveau le plus bas depuis janvier 2021, période pendant laquelle le Royaume-Uni était en proie à la pandémie de COVID-19.
Dans le secteur manufacturier, les entreprises ont signalé une forte augmentation des commandes, mais ce bond reflète principalement des anticipations de clients, désireux de se prémunir contre d'éventuelles nouvelles hausses de prix ou des problèmes d'approvisionnement en lien avec la guerre en Iran.
Outre l'impact de la hausse des prix de l'énergie et des retards de livraison - le transport maritime étant perturbé par le conflit au Moyen-Orient - les entreprises ont déclaré que l'incertitude quant à l'avenir du Premier ministre britannique Keir Starmer et à son éventuel successeur pesait sur la confiance.
"L'économie britannique est confrontée à une situation catastrophique, l'incertitude politique croissante venant s'ajouter à l'impact grandissant de la guerre au Moyen-Orient", souligne Chris Williamson, chef économiste chez S&P Global Market Intelligence.
Selon lui, les données du jour suggèrent que l'économie britannique devrait se contracter de 0,2% en rythme trimestriel, après un début d'année étonnamment dynamique.
Les entreprises ont dû faire face à une nouvelle forte hausse de leurs factures, même si celle-ci est légèrement inférieure à celle d'avril, qui était alors la plus importante en plus de trois ans. La hausse est due à l'augmentation des coûts énergétiques en lien avec la guerre en Iran et la revalorisation des salaires.
Les entreprises du secteur manufacturier ont augmenté leurs prix au rythme le plus élevé depuis juillet 2022, même si la mesure globale des prix de vente des entreprises, telle que définie par l'enquête, montre une légèrement décélération par rapport à avril.
Les entreprises sondées ont revu à la baisse leurs projets d'embauche pour le 20e mois consécutif et les perspectives d'activité future sont au plus bas depuis avril 2025.
Le ralentissement de l'activité conjugué aux fortes pressions inflationnistes placent la Banque d'Angleterre (BoE) dans une situation délicate, a souligné Chris Williamson.
Les marchés financiers s'attendent à ce que la BoE relève ses taux directeurs à deux reprises d'ici la fin de l'année, mais la plupart des économistes interrogés par Reuters au début du mois pensent qu'elle optera pour le statu quo durant cette période.
(Rédigé par William Schomberg; version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)