GB-Le Premier ministre Keir Starmer serait prêt à démissionner lundi - The Observer
information fournie par Reuters 21/06/2026 à 11:12

par William James et Elizabeth Piper

Le Premier ministre britannique Keir Starmer pourrait démissionner lundi, rapporte The Observer, l'actuel locataire du 10, Downing Street semblant ainsi céder à la pression accrue qui pèse sur lui depuis le retour au Parlement du populaire maire travailliste du Grand Manchester, Andy Burnham.

Ce dernier a en effet facilement remporté vendredi l'élection législative partielle de la circonscription de Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre, ce qui lui a ouvert la voie à une éviction de Keir Starmer.

Cette victoire a provoqué une multiplication des appels à la démission du Premier ministre, tenu pour responsable de la déroute historique du parti travailliste aux élections locales du 7 mai.

Juste avant le week-end Keir Starmer a déclaré qu'il se battrait pour conserver son poste en cas de motion de défiance lancée contre lui mais nombre de responsables travaillistes, y compris Andy Burnham, veulent éviter cette procédure, susceptible de creuser les divisions au sein du parti.

Aux termes du règlement du Parti travailliste, qui n'a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en 125 ans d'histoire, une motion de défiance à l'encontre du chef du gouvernement au profit d'un remplaçant doit recueillir les signatures de 20% du groupe parlementaire, soit 81 députés.

D'après The Observer, journal dominical appartenant au quotidien The Guardian, Keir Starmer discute de la question sa démission avec son épouse à Chequer, la résidence de campagne du Premier ministre britannique, avant de prendre une décision définitive.

Des personnalités de premier plan du Parti travailliste s'attendent à une déclaration claire sur son avenir dès lundi, ajoute le journal.

POSSIBLE SEPTIÈME PREMIER MINISTRE EN 10 ANS

Une source gouvernementale a précisé que Keir Starmer resterait, quoi qu'il en soit, concentré sur son travail tandis que le ministre britannique chargé des entreprises, Peter Kyle, a déclaré qu'il n'avait aucune raison de penser que le Premier ministre allait annoncer sa démission lundi.

"Aujourd'hui, comme tous les jours depuis que je connais Keir, il est sur le terrain et travaille d'arrache-pied. Parallèlement, il s'efforce également de créer un espace où il peut réfléchir aux réalités et aux défis politiques – ainsi qu'aux opportunités – qui se présentent à nous", a dit Peter Kyle sur Sky News.

Selon un décompte de Reuters, plus d'un quart des représentants travaillistes à la Chambre des communes ont publiquement déclaré qu'ils souhaitaient voir Keir Starmer démissionner ou, du moins, annoncer un calendrier fixant les modalités de son départ.

Selon The Observer, qui ne cite pas ses sources, l'actuel Premier ministre, après consultation des ministres du gouvernement, de conseillers, de donateurs et de dirigeants syndicaux, est arrivé à la conclusion que sa position n'était plus tenable.

Si Andy Burnham parvenait à ses fins, il deviendrait le septième Premier ministre britannique en un peu plus de 10 ans, un rythme de succession jamais vu depuis près de deux siècles.

Il n'a pas, à ce stade, publiquement lancé une motion de défiance contre Keir Starmer, mais a saisi l'occasion de son discours de victoire vendredi pour promettre une nouvelle voie pour le pays.

Andy Burnham, 56 ans, partisan de la nationalisation des services publics - à l'image de ce qu'il a fait à Manchester, la deuxième ville du pays - avait échoué dans ses tentatives passées pour prendre la tête du Parti travailliste, en 2010 et 2015.

(William James et Elizabeth Piper, version française Benoit Van Overstraeten)