GB-La Banque d'Angleterre maintient son principal taux inchangé information fournie par Reuters 18/06/2026 à 13:28
(Actualisé avec détails, prévisions sur la croissance économique, commentaire d'analyste et réaction du marché)
La Banque d'Angleterre (BoE) a une nouvelle fois maintenu jeudi son taux directeur à 3,75%, comme prévu, se donnant ainsi le temps d'évaluer les répercussions sur l'inflation du protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
La décision du MPC, le comité de politique monétaire de la BoE, a été prise par 7 voix contre 2, comme le prévoyait le consensus Reuters.
Megan Greene, membre externe du comité, s'est jointe à Huw Pill, économiste en chef de la banque centrale, pour réclamer une hausse des taux d'un quart de point.
La plupart des autres membres MPC sont toutefois restés fidèles à ce que le gouverneur Andrew Bailey a qualifié de "suspension active", estimant que celle-ci est une mesure de resserrement efficace face aux anticipations du marché, qui s'attendaient à des baisses des taux avant que le conflit au Moyen-Orient ne vienne bouleverser leurs prévisions.
Avant même que les grandes lignes d'un accord entre l'Iran et les États-Unis ne commencent à se dessiner à la fin de la semaine dernière, le gouverneur Andrew Bailey avait déclaré que la banque centrale pouvait se permettre d'attendre et qu'elle se trouvait dans une situation différente de celle de la Banque centrale européenne (BCE), qui a relevé ses taux d'intérêt la semaine dernière pour la première fois depuis 2023.
Cependant, et malgré l'optimisme susicté par l'accord entre Washington et Téhéran, la BoE ne considère pas que la menace d'inflation soit écartée.
"Quoi qu'il arrive à l'avenir, la hausse des prix de l'énergie observée ces quatre derniers mois signifie que des pressions inflationnistes sont déjà en train de se manifester", a averti Andrew Bailey dans un communiqué publié jeudi.
La BoE prévoit que l'inflation dépassera 3,25% au dernier trimestre de cette année, contre 2,8% en mai, même si cette hausse est moins importante que celle prévue en avril (entre 3,6% et 3,7%) dans deux de ses trois principaux scénarios.
L'inflation s'est maintenue de manière inattendue à 2,8% en mai, son plus bas niveau depuis 13 mois, selon les données publiées mercredi, la baisse des prix des denrées alimentaires ayant compensé la hausse des tarifs aériens et des prix de l'essence.
Si les salaires ont augmenté plus rapidement que prévu au cours du trimestre clos en avril, la plupart des responsables de la politique monétaire estiment que le marché du travail se trouve dans une situation plus fragile que ces dernières années, ce qui rend moins probable les hausses salariales exceptionnelles.
La banque centrale s'est montrée légèrement plus optimiste quant à la croissance, estimant que l'économie progressait à un rythme sous-jacent de 0,2% par trimestre, contre 0,1% dans ses dernières prévisions, et ce malgré une légère contraction du PIB en avril.
"Nous estimons que la barre reste haute en matière de hausses des taux. Un marché du travail moins tendu et une croissance modérée devraient contribuer à limiter les effets de second tour, et les progrès réalisés dans la réouverture du détroit d'Ormuz devraient également atténuer certains des risques haussiers les plus extrêmes pesant sur les prix de l'énergie", déclare George Brown, économiste chez Schroders.
La BoE a touché à ses taux directeurs pour la dernière fois en décembre 2025, avec une baisse de 25 points de base, après des pauses en novembre et septembre.
Sur les marchés, la livre sterling amplifie quelque peu ses pertes et recule de 0,63% face au dollar EUR= .
(Reportage David Milliken, version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin et Benoit Van Overstraeten)