GB-La Banque d'Angleterre (BoE) maintient son principal taux inchangé information fournie par Reuters 30/07/2026 à 13:54
(Actualisé avec réaction du marché, commentaire d'analyste)
La Banque d'Angleterre (BoE) a une nouvelle fois maintenu jeudi son taux directeur à 3,75%, comme prévu, mais un troisième membre du comité de politique monétaire s'est prononcé en faveur d'une hausse en raison de la recrudescence des tensions au Moyen-Orient.
Catherine Mann, qui avait émis des réserves quant à l'orientation de la politique monétaire ce mois-ci, s'est jointe à Megan Greene et au chef économiste Huw Pill pour voter en faveur d'une hausse des coûts d'emprunt à 4%.
La décision du MPC, le comité de politique monétaire de la BoE, a été prise par 6 voix contre 3, alors que le consensus Reuters prévoyait 7 contre 2.
Cependant, les autres membres du MPC ne se sont pas montrés pressés de relever les taux, fidèles à l'approche attentiste du gouverneur Andrew Bailey.
"Le maintien du taux directeur est justifié, car la situation mondiale semble plus incertaine et propice à l'inflation, tandis que la situation nationale est, dans l'ensemble, plus favorable en ce qui concerne les perspectives d'inflation", a déclaré le gouverneur dans un communiqué publié jeudi.
Catherine Mann, l'une des trois personnes à avoir plaidé en faveur d'un relèvement, a invoqué jeudi la rupture de la trêve provisoire entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que l'aggravation du conflit ce mois-ci, comme principaux facteurs ayant motivé son changement d'avis.
"Cette 'poursuite sporadique' du conflit que j'avais prévue le mois dernier semble bien être la situation actuelle", a-t-elle déclaré.
Les membres du MPC qui se sont prononcés en faveur d'une hausse soulignent également que le fait que l'inflation se soit maintenue au-dessus de la cible de 2% pendant la quasi-totalité des cinq dernières années accroît le risque d'effets de second tour préjudiciables.
Des déclarations récentes d'Andrew Bailey témoignent de sa conviction que les signaux envoyés par la BoE, qui écarte, en raison de la guerre, les baisses de taux initialement prévues, devraient permettre de contenir l'inflation.
Cette approche le distingue de la Banque centrale européenne (BCE), qui a déjà relevé ses taux une fois depuis le début du conflit.
ALLÉGER LE COÛT DE LA VIE
Dans ses prévisions actualisées, publiées jeudi, la banque centrale indique que l'inflation reviendra à 3,2% d'ici la fin de l'année, après avoir atteint en juin son plus bas niveau en 15 mois (2,6%), et qu'elle restera supérieure à l'objectif jusqu'au début de l'année 2028, date à laquelle elle devrait repasser sous la barre des 2%.
Ces perspectives sont plus modérées que celles présentées dans les dernières prévisions trimestrielles en avril, mais similaires à celles que la BoE avait publiées en juin.
Ce scénario part du principe que les prix de l'énergie évolueront conformément aux anticipations des marchés et que les répercussions de la hausse des coûts énergétiques sur les salaires et la fixation des prix seront limitées.
Cette prévision repose toutefois sur une conjecture des marchés selon laquelle la BoE relèverait ses taux d'intérêt au dernier trimestre 2026, puis à nouveau en 2027.
La plupart des économistes interrogés par Reuters ne s'attendent pas à un changement au niveau des coûts de financement cette année.
La BoE a touché à ses taux directeurs pour la dernière fois en décembre 2025, avec une baisse de 25 points de base.
Le statu quo constitue un répit pour le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, qui entend donner la priorité aux mesures visant à atténuer la hausse du coût de la vie, notamment par la suppression d'une taxe sur les factures d'électricité des ménages qui, selon la BoE, contribuerait à réduire l'inflation.
Sur les marchés, les rendements obligataires britanniques amplifient leur baisse après la décision de la BoE, les opérateurs restant convaincus que la banque centrale maintiendra pour l'instant le statu quo.
Le rendement du Gilt à deux ans GB2YT=RR , le plus sensible aux anticipations sur les taux, recule de huit points de base pour s'établir à 4,377%.
"Pour le moment, la BoE ne dispose pas d'éléments suffisants pour abandonner son attitude attentiste. Malgré la forte hausse des prix de l'énergie, la majorité ne semble pas convaincue que cela se traduira par une inflation nationale plus durable", a déclaré George Brown, économiste chez Schroders.
(Reportage David Milliken, avec la contribution de Harry Robertson ; version française Diana Mandiá, édité par Sophie Louet)