Gaza-Des pays cessent de financer l'agence de l'Onu pour les réfugiés
information fournie par Reuters 27/01/2024 à 19:03

(Actualisé avec annonce des Pays-Bas et déclarations israéliennes)

La Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Finlande ont annoncé à leur tour samedi une suspension de leur financement de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) en raison des soupçons d'implication de certains membres du personnel de l'organisation onusienne dans les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Créée pour aider les réfugiés de la guerre de 1948 consécutive à la création d'Israël, l'UNRWA fournit des services d'éducation, de santé et d'aide aux Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jordanie, de Syrie et du Liban. Elle aide environ les deux tiers des 2,3 millions d'habitants de Gaza et joue un rôle de premier plan depuis le début de la riposte militaire israélienne à l'attaque du Hamas dans le sud de l'Etat hébreu le 7 octobre.

Les Etats-Unis, l'Australie et le Canada ont déjà interrompu leur financement de l'agence après les accusations portées par Israël selon lesquelles 12 employés de l'UNRWA sont impliqués dans l'attaque du 7 octobre. L'agence onusienne a ouvert une enquête sur plusieurs employés et a rompu ses liens avec eux.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a critiqué ce qu'il a qualifié de campagne israélienne contre l'UNRWA et le Hamas a condamné la résiliation des contrats des employés "sur la base d'informations provenant de l'ennemi sioniste".

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a en revanche exhorté davantage de pays à suspendre leurs financements de l'UNRWA, qu'il accuse de liens avec les activistes islamistes palestiniens de Gaza. Il a aussi exprimé le souhait que l'UNRWA soit remplacée par une autre instance une fois la guerre actuelle terminée.

"Lors de la reconstruction de Gaza, l'UNRWA devra être remplacée par des agences dédiées à une paix sincère et au développement", a-t-il dit sur le réseau X, anciennement Twitter.

Reuters n'a pas pu contacter l'UNRWA dans l'immédiat. L'agence a constamment démenti des accusations similaires formulées dans le passé et affirme que sa mission relève de l'aide humanitaire.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a déclaré qu'il suspendait temporairement le financement de l'UNRWA le temps d'examiner les accusations portées contre le personnel de l'agence.

"Le gouvernement italien a suspendu le financement de l'UNRWA après l'attaque atroce contre Israël le 7 octobre", a pour sa part déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, sur X.

La Finlande a également annoncé qu'elle suspendait son financement.

Hussein al Cheikh, chef de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui regroupe la plupart des factions politiques palestiniennes, a déclaré que l'interruption du soutien à l'UNRWA comportait des risques politiques et humanitaires majeurs.

"Nous appelons les pays qui ont annoncé la cessation de leur soutien à l'UNRWA à revenir immédiatement sur leur décision", a-t-il déclaré sur X.

(Reportage de James Davey à Londres et Gavin Jones à Rome, rédigé par William Maclean et Andrew Cawthorne, version française Benjamin Mallet)