Gaz, pétrole : en pleine lumière, l'Algérie ouvre de nouvelles concessions d'hydrocarbures à la compétition internationale information fournie par Boursorama avec Media Services 20/04/2026 à 12:16
Face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient, le pays nord-africain revendique son statut de "destination fiable pour l'investissement énergétique".
Illizi, Benoud, Berkine... Réservoir d'hydrocarbures ouvert sur la Méditerranée, l'Algérie a lancé en grandes pompes un appel d'offres international pour l'attribution de nouvelles concessions d'hydrocarbures dans des bassins stratégiques situés dans le sud et sud-est du pays.
Avec l'escalade du conflit au Moyen-Orient et la trêve précaire entre Iran et Etats-Unis, de nombreux regards se sont tournés vers l'Algérie, membre de l'Opep et premier exportateur gazier d'Afrique. Les prix pétroliers et gaziers ont flambé depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, qui a endommagé les infrastructures de plusieurs pays du Golfe et provoqué un blocage du détroit d'Ormouz où transite habituellement 20% du commerce mondial d'hydrocarbures.
L'appel d'offres "Algeria Bid 2026", le deuxième du genre depuis 2024, destiné à attirer les investissements étrangers, comprend sept périmètres dédiés à l'exploration et exploitation de pétrole et gaz de type conventionnels, selon l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft). Les offres devront être présentées d'ici le 26 novembre avec une attribution prévue des lots le 31 janvier 2027.
Ce cycle "s'inscrit dans la vision stratégique de l'Etat (algérien, ndlr) visant à renforcer l'attractivité du secteur, à valoriser les ressources nationales en hydrocarbures et à consolider la place de l'Algérie en tant que destination fiable pour l'investissement énergétique", a déclaré le ministre algérien des Hydrocarbures Mohamed Arkab, lors d'une cérémonie à Alger, dimanche 19 avril.
Sonatrach cherche ses partenaires
L'Algerie a lancé un ambitieux plan d'investissements de 50 à 60 milliards de dollars pour renforcer l'exploration et moderniser ses infrastructures énergétiques, espérant notamment doubler sa production de gaz à 200 milliards de m3 d'ici 2030.
L'Algérie est devenue un fournisseur clef de gaz naturel de l'Union européenne après l'arrêt des importations de gaz russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022. Les périmètres couvrent plusieurs bassins stratégiques situés dans le sud et sud-est du pays, dans les zones d'Illizi, Oued Mya, Berkine, Benoud et Amguid. Six blocs sont proposés dans le cadre d'un partage de production avec le groupe public Sonatrach, et le septième sous contrat de participation, dans lequel Sonatrach détiendra au moins 51%. Les résultats de l'"Algeria Bid 2024" avaient été annoncés en 2025 avec l'attribution de cinq permis -- sur 17 lots initialement identifiés -- à des consortiums associant Sonatrach à des firmes étrangères dont pour la première fois Qatar Energy.
Chevron et ExxonMobil sur les rangs
Plus grand pays d'Afrique et l'un des dix principaux exportateurs de gaz au monde, l'Algérie tire plus de 90% de ses ressources en devises des hydrocarbures. Des discussions et études de faisabilité sont également en cours avec plusieurs compagnies étrangères dont le géant américain Chevron pour l'exploitation de gisements offshore, ainsi qu'ExxonMobil dans le gaz de schiste dont l'Algérie possède d'importants gisements dans le sud désertique.