Fusions et acquisitions: moins d'opérations bloquées par les autorités de concurrence en 2025 (rapport)
information fournie par Boursorama avec AFP 06/03/2026 à 15:34

( AFP / LOIC VENANCE )

Le nombre d'opérations bloquées par les autorités de concurrence dans le monde a diminué en 2025 par rapport à 2024, passant de 37 à 16, selon le rapport annuel du cabinet d'avocats A&O Shearman publié jeudi.

Ainsi, elles ont interdit huit opérations de concentration contre 13 en 2024 et 20 en 2023. Le nombre d'opérations abandonnées est tombé à huit également, contre 26 en 2024 et 17 en 2023, précise le cabinet dans un communiqué.

Selon lui, les autorités de concurrence ont désormais "une approche plus équilibrée, sous l'effet de priorités politiques en faveur de la croissance, de l'investissement et de l'innovation".

La baisse des interdictions s'accompagne toutefois d'une hausse du nombre d'opérations autorisées sous conditions: 95 en 2025, +30% par rapport à 2024.

L'imposition de remèdes "comportementaux" (engagements tarifaires, interdiction de certaines pratiques...) représente désormais 40% des autorisations conditionnelles. En France cependant, l'Autorité de la concurrence "demeure réservée sur l'efficacité de ce remède", observe le rapport, et a imposé des remèdes engageant la structure même des entreprises (cession d'activités par exemple) dans trois cas sur quatre l'an dernier.

Dans l'Union européenne en 2025, il n'y a eu qu'une interdiction et trois abandons.

Par ailleurs, les interventions dans la tech ont représenté 14% du total, proche du poids du secteur dans les opérations de fusions-acquisitions au niveau mondial (22%).

Le rapport note "une ligne beaucoup plus dure" des autorités de concurrence dans les domaines de la santé et dans les secteurs "exposés aux dépenses contraintes des consommateurs" (distribution, alimentation, énergie, télécoms ou transports).

Le poids des interventions dans le secteur de la consommation et de la distribution (24%) a ainsi dépassé le poids des fusions-acquisitions du secteur (21%) dans les fusions-acquisitions mondiales.

Le rapport note enfin "une accélération des délais d'examen pour les opérations ne soulevant pas de réelles préoccupations de concurrence", notamment en France où les dossiers "non problématiques" sont traités en principe sous 15 jours.

Florence Ninane, associée responsable du droit de la concurrence chez A&O Shearman en France, observe toutefois que "cette dynamique se heurte, au niveau européen, aux contraintes de calendrier du FSR", un règlement qui permet à la Commission européenne de contrôler les subventions accordées par des pays tiers et qui suscite "de vives critiques" pour la charge procédurale qu'il engendre.

Mme Ninane souligne cependant qu'une consultation lancée par la Commission en septembre apportera peut-être "une inflexion du dispositif".