Fraude d'ampleur au détriment de Kiabi: l'ex-trésorière libérée, une 2e mise en examen
information fournie par Boursorama avec AFP 16/03/2026 à 16:43

( AFP / JOEL SAGET )

Dix-huit mois après la découverte d'une fraude spectaculaire au détriment de Kiabi, l'enquête avance: une deuxième personne a été mise en examen et la principale suspecte, une ancienne trésorière de l'enseigne, a obtenu sa libération, a-t-on appris lundi auprès du parquet, confirmant une information de franceinfo.

Selon la radio, quelque 100 millions d'euros se sont volatilisés des comptes du spécialiste de la mode à petits prix, enseigne du nord de la France créée en 1978, qui fait partie de la galaxie Mulliez. Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris n'a pas confirmé le montant du préjudice et précisé qu'à ce stade "le contenu des investigations n'est pas davantage public".

Mi-août 2024, une ancienne trésorière, Aurélie B., installée en Floride pour y travailler dans le luxe, avait été mise en examen dans ce dossier pour escroquerie et blanchiment aggravé, et placée en détention provisoire. Selon franceinfo, Aurélie B. avait été interpellée à l'été par la police judiciaire, à sa sortie d'un jet privé à l'aéroport de Figari, en Corse du Sud.

Elle a depuis été libérée, assignée en résidence sous surveillance électronique, une décision confirmée par le cour d'appel fin 2025, a précisé le parquet de Paris.

Une deuxième personne, Clément D., est mise en examen depuis le 15 septembre 2025 dans ce dossier, pour blanchiment en bande organisé. Il a été placé sous statut de témoin assisté pour escroquerie en bande organisée et placé sous contrôle judiciaire, a ajouté le parquet. Selon franceinfo, il s'agit de l'ex-compagnon d'Aurélie B.

Sur le front financier, Kiabi vient de trouver un accord avec la banque allemande Volksbank Düsseldorf Neuss, par laquelle les fonds dérobés auraient transité avant d'être envoyés en Turquie. "Les détails de cet accord sont soumis à une stricte confidentialité", a déclaré l'enseigne à l'AFP.

"Cette signature constitue une étape-clé dans le recouvrement des biens et la poursuite des actions, menées avec détermination, pour récupérer les sommes détournées au détriment de Kiabi, de ses collaborateurs et de ses actionnaires", a poursuivi le groupe.

"Avec l'accord désormais conclu, nous évitons un litige long et éprouvant pour les deux parties, et nous nous concentrons désormais sur les actions à mener contre les responsables", a salué une porte-parole de la banque allemande, dans un communiqué transmis à l'AFP.

L'affaire avait éclaté en 2024 lorsque Kiabi avait cherché à récupérer un investissement réalisé un an plus tôt. Quand l'entreprise s'est rapprochée de la banque, l'argent s'était "volatilisé", selon une technique dite des "comptes rebonds", avait indiqué franceinfo. La direction de l'enseigne avait confirmé à l'AFP avoir été victime d'une "fraude financière sophistiquée d'ampleur", sans confirmer ni démentir le montant du détournement.