Frappes israéliennes sur le Liban: 13 membres des forces de sécurité tués
information fournie par AFP 10/04/2026 à 20:57

La fumée de frappes aériennes israéliennes dans le sud du Liban, le 10 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Treize membres des forces de sécurité libanaises ont été tués vendredi dans le sud du pays par des frappes israéliennes, selon un nouveau bilan, sur fond d'intenses pressions diplomatiques exercées sur Israël pour qu'il cesse ses raids meurtriers, qui ont fait plus de 1.900 morts depuis le 2 mars.

La vague massive de frappes israéliennes mercredi a fait 357 morts et 1.223 blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, ajoutant qu'il était provisoire. Les opérations de recherches dans les décombres se poursuivent, "un important nombre de restes humains" nécessitant des tests ADN.

Au total, 1.953 personnes ont été tuées par les frappes israéliennes, et plus de 6.300 blessées depuis le début de la guerre, a ajouté le ministère de la Santé.

L'armée israélienne a indiqué vendredi avoir "éliminé plus de 180 membres" du Hezbollah dans ces frappes, lancées sans avertissement sur des zones résidentielles densément peuplées de la capitale.

Vendredi, des frappes ont visé la ville de Nabatiyé, en particulier le complexe administratif du centre-ville, faisant 13 morts selon le dernier bilan officiel.

Un photographe de l'AFP a constaté d'importants dégâts dans ce complexe, où un incendie s'est déclaré.

"Cette perte douloureuse ne fait que renforcer notre détermination à obtenir un cessez-le-feu qui protégera le Liban et notre population dans le sud", a réagi le Premier ministre Nawaf Salam dans un communiqué, alors que Washington doit accueillir la semaine prochaine des pourparlers entre les deux pays.

Le président Joseph Aoun a lui appelé la communauté internationale à "assumer ses responsabilités pour mettre fin aux agressions israéliennes répétées".

Après l'entrée en vigueur mercredi du cessez-le feu entre les Etats-Unis et l'Iran, Israël a affirmé que le Liban n'était pas inclus dans cet accord, intensifiant depuis ses attaques contre le mouvement islamiste Hezbollah, un allié de Téhéran.

L'armée israélienne a déclaré vendredi avoir "démantelé" plus de 4.300 infrastructures du Hezbollah depuis le début de la guerre entre les deux camps le 2 mars.

Elle a également affirmé avoir "éliminé" plus de 1.400 combattants du groupe chiite lors de frappes et d'opérations terrestres dans le sud du Liban.

Le Hezbollah ne communique pas sur ses pertes depuis le début de la guerre.

- "Crimes sanglants" -

Dans un message diffusé par la chaîne du groupe, al-Manar, le chef du mouvement Naïm Qassem a appelé les responsables libanais à "arrêter de faire des concessions gratuites" à Israël, avant les discussions prévues entre les deux pays.

Photo prise le 10 avril 2026 lors d'une visite organisée par le bureau de presse du Hezbollah, montrat les décombres d'un immeuble du quartier Hay al-Selloum à Beyrouth, ciblé par une frappe israélienne plus tôt cette semaine ( AFP / FADEL itani )

Il a dénoncé les "crimes sanglants" d'Israël, dont les frappes massives menées mercredi.

Israël a affirmé avoir tué dans l'une de ces frappes le secrétaire et neveu de M. Qassem.

En "riposte" à ces attaques, le Hezbollah a annoncé vendredi avoir lancé des missiles sur une base navale militaire de la ville d'Ashdod, dans le sud d'Israël, ainsi que des tirs de roquettes sur le nord du pays.

L'armée israélienne a recensé une trentaine de tirs depuis le Liban, faisant état uniquement de dégâts matériels.

Selon un diplomate occidental interrogé par l'AFP, "des pressions diplomatiques sont en cours sur Israël de la part de pays européens, d'Etats du Golfe et de l'Egypte pour éviter le renouvellement des frappes israéliennes sur Beyrouth, après le +mercredi noir+".

L'armée israélienne avait lancé jeudi un nouvel ordre d'évacuation pour de vastes quartiers densément peuplés du sud de Beyrouth, sans toutefois mettre sa menace à exécution vendredi soir.

La zone inclut la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, mais également des quartiers abritant deux hôpitaux, où se trouvent des patients en soins intensifs, ainsi que la route de l'aéroport.

Le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait appelé Israël à "annuler" cet ordre et "à garantir la protection de tous les établissements de santé, du personnel de santé, des patients et des civils".

Un véhicule militaire israélien sur une route du sud du Liban, près de la frontière israélienne, le 10 avril 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Le ministre libanais des Transports, Fayez Rasamni, a affirmé pour sa part avoir obtenu la garantie que la route menant à l'aéroport, ainsi que l'aéroport lui-même, resteraient à l'abri "tant que leur utilisation se limite au transport de passagers et de marchandises et aux activités civiles".