France Travail : une étude met en lumière les failles de l'accompagnement des chômeurs information fournie par Boursorama avec Media Services 10/07/2026 à 14:51
Après 57 entretiens menés entre 2022 et 2024, une étude du Cnam pointe les limites du suivi proposé par France Travail.
Intitulée "Finir par faire en dehors de France Travail: quand l'accompagnement des chômeurs et chômeuses perd son sens", cette publication du Centre d'études de l'emploi et du travail (CEET) du Cnam se fonde sur 57 entretiens avec des chômeurs et des conseillers de France Travail, réalisés entre 2022 et 2024 dans deux agences, en zones urbaine et rurale .
"Cette approche laisse entrevoir l'ampleur des malentendus vis-à-vis du soutien à la recherche d'emploi et du placement", écrivent les autrices, les chercheuses Carole Tuchszirer, Aurélie Gonnet et Léa Lima. Elles rappellent que lors de la création de l'ANPE en 1967, son modèle reposait sur "une intermédiation active" visant à "placer les personnes en veillant tout particulièrement aux plus vulnérables d'entre elles".
Mais sur fond de hausse du chômage et de contraintes budgétaires de l'ANPE (qui deviendra Pôle Emploi puis France Travail), il s'est de plus en plus centré sur "la mise en visibilité de l'ensemble des offres d'emploi", le modèle des sites de recrutement s'imposant progressivement à l'opérateur public.
Aujourd'hui, "l'accompagnement en tant que véritable soutien personnalisé aux demandeurs d'emploi est réservé aux moins autonomes d'entre eux", souligne l'étude.
"Prépa compétence", "Activ’Projet", "Valoriser son image professionnelle": les entretiens font ressortir des critiques sur un accompagnement souvent "réduit à la seule prescription de prestations".
Des conseillers contraints dans leur accompagnement
Une conseillère déplore une organisation trop rigide des entretiens avec les demandeurs d'emploi, laissant peu de place à leurs sollicitations spontanées . Elle constate que la convocation "vise plus à contrôler leur présence effective qu'à répondre à leurs attentes ".
Des demandeurs d'emploi racontent une première prise de contact trop tardive ou une orientation incomprise (vers le secteur de l'insertion par l'activité économique par exemple) qui les ont détournés de l'organisme.
Si certains chômeurs mobilisent leur réseau en dehors de France Travail pour trouver du travail, d'autres n'ont pas cette ressource.
L'étude souligne aussi qu'avant 2013, le travail des conseillers était organisé sur une base sectorielle mais que désormais ils ont soit un portefeuille d'entreprises, soit un portefeuille de demandeurs d'emploi.
Elle suggère de revoir leurs missions et de " déployer des moyens additionnels sur leur formation pour renforcer leurs compétences sur la relation à l’entreprise et la connaissance du marché du travail ".