France-Reçus par le ministre, les lycéens appellent à poursuivre leur mouvement information fournie par Reuters 02/10/2026 à 19:14
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Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray a tenté de calmer la mobilisation dans les lycées en France en recevant vendredi les représentants de syndicats étudiants, qui ont fait part de leur déception et appelé à poursuivre leur mouvement.
Tout en se désolidarisant des violences ayant éclaté en marge des blocages d'établissements, ils ont appelé à des rassemblements mardi 6 octobre et seront rejoints par plusieurs confédérations syndicales dont la CGT.
S'exprimant devant la presse à l'issue des réunions de la journée, Edouard Geffray a dit espérer que les manifestations ne seraient pas "contaminées, confisquées, prises en otage par des gens qui n'ont rien à faire des lycéens".
Le ministre de l'Education nationale a précisé que 735 établissements dont une petite centaine de collèges avaient été perturbés vendredi, "soit 30% de moins" que la veille. Il a également déclaré que trois personnels de l'Education avaient été la cible de violences, contre 31 la veille.
Plus de 400 lycées sont restés fermés vendredi.
Edouard Geffray a égréné plusieurs mesures visant à répondre aux revendications des lycéens, qui dénoncent des conditions d'enseignement dégradées et réclament notamment des recrutements massifs d'enseignants ou une rénovation des bâtiments.
Il a promis un travail sur la démocratie et les rythmes scolaires et un plan visant à accélérer les remplacements, notamment pour les élèves de première et terminale.
Il a également défendu le lancement d'une plateforme de concertation pour recueillir les doléances lycéennes, qualifiée d'"écran de fumée" par les syndicats lycéens. "Ce n'est pas une manoeuvre dilatoire, c'est très concret", a-t-il dit, ajoutant que les élèves seraient "entendus" et "crus".
DARMANIN DÉNONCE UN "DÉSORDRE PUBLIC"
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est inquiété vendredi matin au micro de RTL de risques de violences urbaines dans les jours à venir, notamment lors de la nouvelle journée de manifestation mardi.
"On est passés de manifestations de lycéens à un désordre d'ordre public. Quand on s'en prend à des bus, quand on brûle les lycées, ce n'est plus un problème de manifestation, donc moi je crains des violences urbaines", a-t-il déclaré.
Gérald Darmanin a également fait état de plus de 300 policiers ou gendarmes blessés et de plus de 60 enseignants ou chefs d'établissement attaqués physiquement lors de la journée de jeudi. Au total 2.000 interpellations ont été effectuées depuis le début du mouvement, concernant à 90% des personnes mineures, a-t-il également rapporté.
Parti le 21 septembre de l'académie de Créteil (Val-de-Marne), le mouvement a pris de court le gouvernement qui juge "légitimes" certaines revendications tout en condamnant le recours à la violence et l'instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l'élection présidentielle.
Jeudi, l'entourage de Sébastien Lecornu a imputé l'origine du mouvement à "LFI et ses proxys de l'ultra gauche", pointant un moment de bascule de la contestation vers des "violences urbaines", sur la base d'informations des services de renseignement français.
Le coordinateur du mouvement de gauche, Manuel Bompard, a rétorqué que le manque de personnels dans le lycée Saint-Exupéry de Créteil était à l'origine de la contestation, renvoyant sur l'exécutif la responsabilité de la fronde lycéenne et estudiantine.
"D'un certain point de vue, s'il doit y avoir un proxy (...) il est à Matignon et il s'appelle M. Lecornu car c'est lui qui est responsable de cette situation. C'est les gouvernements successifs qui, budget après budget, ont supprimé des postes d'enseignants, de surveillants, des équipes éducatives", a-t-il dénoncé sur LCI.
(Zhifan Liu et Jean-Stéphane Brosse, édité par Benjamin Mallet)