France-Reçus à Matignon, les syndicats lycéens appellent à continuer la mobilisation information fournie par Reuters 26/10/2026 à 19:59
(Actualisé avec conférence de presse des ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur)
Reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon lundi, les organisations lycéennes et étudiantes se sont félicitées des premières mesures annoncées par le gouvernement mais appellent à continuer la mobilisation.
"On peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Tout n'est pas encore satisfait et nous irons au bout. Nous satisferons les revendications des lycéens et des lycéennes et nous appelons à la mobilisation le 5 novembre et le 31 octobre", a déclaré Louis Letoublon, vice-président de l'organisation Les Lycéens !, à la sortie de la réunion.
Une nouvelle journée d'action à l'appel des "Gilets jaunes" est prévue samedi, ainsi qu'une journée nationale de grèves et manifestations le 5 novembre dans les secteurs privé et public.
"On s'attend à ce que ce soit à nouveau compliqué, que ce soit de nouveau une grosse journée de mobilisation", a concédé sur BFMTV le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, à propos du 31 octobre, Emmanuel Macron parlant pour sa part de "samedi à risque".
Après plus d'un mois de contestation, le gouvernement a consenti plusieurs mesures pour calmer la grogne qui se cristallisait sur les conditions d'enseignement et l'abrogation de Parcoursup.
"Aucune des décisions que nous prenons n'est une promesse en l'air. Tout ce que nous disons sera fait et sera respecté dans des délais précis et de manière chiffrée", a assuré le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, lors d'une conférence de presse aux côtés du ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.
Ce dernier a annoncé une "évolution forte" de Parcoursup dès cette année avant un remplacement en 2028, ainsi que la tenue d'un débat pour faire évoluer durablement la plateforme d'orientation mercredi au Parlement.
"Sur Parcoursup, on s'en félicite, c'est déjà une première avancée. Maintenant, il y a nécessité, plus tard, de refondre plus en profondeur la plateforme après la session 2027 et la session 2028", a estimé Nathanaël Combary, président du conseil d'administration de Renouveau lycéen.
5 MILLIARDS D'EUROS PROMIS POUR LA RÉNOVATION DU BÂTI
Le gouvernement a annoncé un plan à 5 milliards d'euros pour la rénovation du bâti scolaire et universitaire, dont 1 milliard d'euros pour les universités et 4 milliards d'euros pour les collèges et lycées par le biais d'un prêt de l'Etat aux régions.
L'exécutif s'est également engagé à annuler des suppressions de postes envisagées et le déblocage de 500 postes supplémentaires à la rentrée prochaine, ainsi que le plafonnement à 28 du nombre d'élèves par classe de seconde d'ici à la rentrée 2028.
"Très concrètement, il y aura à la rentrée prochaine 1.700 créations de postes nets pour les lycées français", a précisé Edouard Geffray.
Ce dernier a ajouté que l'organisation du temps scolaire arrivait au premier rang des préoccupations partagées par les lycéens sur la plateforme Agora, lancée par le gouvernement pour récolter leurs doléances.
"Nos élèves vivent mal une forme de pression scolaire qui s'est accumulée sur eux à la fois sous l'effet de Parcoursup, sous l'effet du choix des spécialités, sous l'effet aussi de classes trop chargées", a-t-il déclaré. "Nous devons réduire objectivement cette pression scolaire."
En ce sens, l'exécutif annonce la mise en place d'une pause déjeuner d'une heure minimum garantie dès la rentrée 2027.
Dans l'enseignement supérieur, le gouvernement a promis la création de 15.000 places - 10.000 en BTS, 4.000 en IUT et 1.000 pour les filières de santé -, selon les syndicats lycéens.
MARGE DE MANOEUVRE ÉTROITE POUR LE GOUVERNEMENT
Edouard Geffray s'est déjà engagé à la mobilisation de 3.000 enseignants remplaçants depuis le début du mouvement de contestation.
La marge de manoeuvre est étroite pour le gouvernement, qui tente de faire adopter un projet de loi de Finances pour 2027 au cadrage très contraint face à une dette publique représentant 119% du produit intérieur brut du pays (PIB).
Les mesures attendues pourraient pour certaines se concrétiser sous forme d'amendements au projet de budget en cours d'examen au Parlement.
L'association France Universités, groupement de 117 établissements et 70 présidents d'universités, a mis en garde vendredi contre la suppression de ce système instauré en 2018, qui provoquerait selon eux "une catastrophe à court terme".
Ils soulignent dans un communiqué que la plateforme n'est en rien responsable du manque de places dans certaines filières de l'enseignement supérieur - telle la santé - et qu'il convient de ne "pas confondre l'outil et la politique délibérée de réduction des moyens" qui a "créé de fortes tensions pour l'entrée dans l'enseignement supérieur".
(Rédigé par Sophie Louet et Zhifan Liu, avec Bertrand Boucey et Claude Chendjou, édité par Jean-Stéphane Brosse)