France: Plus de 400 lycées fermés, Geffray rencontre les syndicats étudiants information fournie par Reuters 02/10/2026 à 09:40
Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray rencontre vendredi les représentants des syndicats étudiants pour tenter de calmer une mobilisation dans les lycées, ainsi que dans quelques universités, qui a basculé dans un mouvement de "violences urbaines", selon le gouvernement.
"On a une situation qui s'est dégradée parce qu'en fait le mouvement a changé de nature, parce qu'il a été pris en otage très clairement par des groupuscules violents", a déploré Edouard Geffray sur BFM TV.
A l'échelle nationale, plus de 400 lycées restaient fermés vendredi, selon le ministre de l'Education nationale, qui précise que 1.207 lycées ont fait l'objet de perturbations depuis le début du mouvement.
Toujours selon Edouard Geffray, 65 membres du personnel de l'éducation nationale, dont 40 proviseurs, ont également été blessés depuis le début de la contestation.
Les syndicats étudiants, qui ont dénoncé la proposition du ministre de l'Education de lancer une plateforme de concertation pour recueillir les doléances lycéennes, qualifiée d'"écran de fumée", doivent rencontrer Edouard Geffray dans la journée.
"On demande un recrutement massif d'enseignants. Sur la question du bâti, il faut un plan d'urgence", a déclaré sur France Inter Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est inquiété au micro de RTL de risques de violences urbaines dans les jours à venir, alors que les syndicats lycéens et étudiants ont appelé à une nouvelle journée de manifestation mardi 6 octobre.
"On est passés de manifestations de lycéens à un désordre d'ordre public. Quand on s'en prend à des bus, quand on brûle les lycées, ce n'est plus un problème de manifestation, donc moi je crains des violences urbaines", a-t-il déclaré.
LE "PROXY" EST "À MATIGNON", DIT BOMPARD
Gérald Darmanin a également fait état de plus de 300 policiers ou gendarmes blessés et de plus de 60 enseignants ou chefs d'établissement attaqués physiquement lors de la journée de jeudi. Au total 2.000 interpellations ont été effectuées depuis le début du mouvement, concernant à 90% des personnes mineures, a-t-il également rapporté.
Le garde des Sceaux a par ailleurs demandé aux procureurs généraux, qu'il a réunis jeudi en visioconférence, de requérir la responsabilité civile des parents mineurs auteurs de violences.
Parti le 21 septembre de l'académie de Créteil (Val-de-Marne), le mouvement a pris de court le gouvernement qui juge "légitimes" certaines revendications tout en condamnant le recours à la violence et l'instrumentalisation politique de La France insoumise (LFI), à sept mois de l'élection présidentielle.
Jeudi, l'entourage de Sébastien Lecornu a imputé l'origine du mouvement à "LFI et ses proxys de l'ultra gauche", pointant un moment de bascule de la contestation vers des "violences urbaines", sur la base d'informations des services de renseignement français.
Le coordinateur du mouvement de gauche, Manuel Bompard, a rétorqué que le manque de personnels dans le lycée Saint-Exupéry de Créteil était à l'origine de la contestation, renvoyant sur l'exécutif la responsabilité de la fronde lycéenne et estudiantine.
"D'un certain point de vue, s'il doit y avoir un proxy (...) il est à Matignon et il s'appelle M. Lecornu car c'est lui qui est responsable de cette situation. C'est les gouvernements successifs qui, budget après budget, ont supprimé des postes d'enseignants, de surveillants, des équipes éducatives", a-t-il dénoncé sur LCI.
(Zhifan Liu, édité par Benjamin Mallet)