France-Macron appelle au calme avant la marche en hommage à Quentin Deranque information fournie par Reuters 21/02/2026 à 12:46
(Actualisé avec déclarations de la préfète du Rhône)
Le président Emmanuel Macron a appelé au calme samedi avant les rassemblements prévus dans la journée en France en hommage au militant identitaire Quentin Deranque, mort après avoir été frappé le 12 février par des militants antifascistes présumés.
"J'appelle tout le monde au calme", a déclaré le chef de l'Etat français, à l'occasion de l'inauguration du 62e Salon de l'agriculture, à Paris.
"Le gouvernement, évidemment, est très vigilant. Le Premier ministre comme le ministre de l'Intérieur seront vigilants pour que les choses se passent du mieux possible", a-t-il souligné.
Plusieurs responsables politiques locaux, dont le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, ont demandé l'interdiction de la marche de samedi, craignant que l'atmosphère de tension dans la ville et l'afflux de militants nationalistes et d'ultra-droite venant potentiellement de plusieurs pays européens ne génèrent de nouveaux affrontements.
MANIFESTATION AUTORISÉE À LYON
Les autorités françaises ont cependant choisi de ne pas interdire la manifestation de Lyon, tandis que d'autres rassemblements étaient prévus en France, notamment à Brest, Chateauroux, et Rennes.
La principale marche commencera à 14h00 GMT à Lyon, ville où Quentin Deranque a été tué et où devrait se concentrer l'essentiel des groupes d'extrême droite et antifascistes. Le ministère de l'Intérieur attend entre 2.000 et 3.000 manifestants dans cette ville.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a choisi de rester Place Beauvau où il suivra attentivement l'évolution de la marche, après avoir tenu une réunion vendredi avec les directeurs de la police et de la gendarmerie, ainsi que la préfète du Rhône, Fabienne Buccio.
"Toutes les conditions de sécurité ont été prises pour que cette marche reste une marche et que les habitants et les personnes de Lyon, les commerçants notamment, ne subissent pas du tout les conséquences de cette marche", a assuré Fabienne Buccio, depuis la préfecture du Rhône.
"Il y a des effectifs importants de police. On a plusieurs compagnies républicaines de sécurité. Nous avons aussi des escadrons de gendarmerie. On a bien sûr nos effectifs locaux qui ont été renforcés par des effectifs zonaux", a-t-elle ajouté.
"J'ai pris aussi un arrêté qui interdit pour un périmètre assez large toute la presqu'île lyonnaise (...) ce qui nous donne des outils (...) pour intervenir au moindre rassemblement et pouvoir disperser les personnes qui s'attrouperaient, quelle que soit de toute façon leur velléité", a-t-elle poursuivi, disant avoir également anticipé toute éventuelle contre-manifestation.
"MOMENT DE RESPONSABILITÉ"
"Je pense que c'est d'abord un moment de recueillement et de respect pour notre jeune compatriote qui a été tué, pour sa famille, ses proches, et ça doit d'abord être cela, et ensuite c'est un moment d'exigence et de responsabilité", a déclaré Emmanuel Macron.
Le chef de l'Etat a ajouté qu'il tiendrait en début de semaine une réunion avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et les ministres concernés pour faire un point complet sur l'ensemble des groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques.
"Dans la République, il n'y a que les forces républicaines qui peuvent agir parce qu'elles protègent et elles protègent un ordre républicain. Il n'y a pas de place pour les milices, d'où qu'elles viennent", a-t-il dit, invitant tout le monde à être responsable.
Sept personnes ont été mises en examen jeudi pour la mort de Quentin Deranque, décédé le 14 février deux jours après avoir été frappé à terre en marge d'une manifestation contre la venue à Sciences-Po Lyon de la députée La France Insoumise (LFI) Rima Hassan.
Six suspects ont été mis en examen pour "homicide volontaire", "violences aggravées" et "association de malfaiteurs" et placés en détention provisoire, a précisé le parquet de Lyon dans un communiqué.
Le septième suspect a été mis en examen pour "complicité d'homicide volontaire" et les deux autres chefs. Il a été placé sous contrôle judiciaire et se voit interdire de participer à des manifestations. Une mesure d'éloignement du territoire de la ville de Lyon a été prise à son encontre, peut-on lire dans ce communiqué.
Selon plusieurs médias, il s'agirait de Jacques-Elie Favrot, ex-collaborateur du député LFI du Vaucluse Raphaël Arnault.
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution de Layli Foroudi)