France, LFI reste sous pression après la mort d'un militant identitaire à Lyon information fournie par Reuters 18/02/2026 à 11:08
La France insoumise (LFI) restait sous pression mercredi après l'interpellation de l'assistant parlementaire de l'un de ses députés dans le cadre de l'enquête sur la mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon, des responsables politiques appelant la formation à exclure l'élu de ses rangs et à rompre tout lien avec des formes d'action violentes.
Onze personnes au total ont été interpellées puis placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête déclenchée après le décès de Quentin Deranque samedi, deux jours après son passage à tabac, a-t-on appris auprès du parquet de Lyon: neuf mardi soir (deux femmes et sept hommes) et deux autres mercredi matin (une femme et un homme).
Selon une source judiciaire, Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, militant antifasciste lyonnais qui a fondé la Jeune Garde, figure parmi les personnes interpellées.
"On arrive à un grand moment de clarification (...), la France insoumise doit faire le ménage dans ses rangs et moi j'appelle la présidente Mathilde Panot à exclure Raphaël Arnault de son groupe, ou du moins à l'exclure temporairement pour marquer cette clarification, pour dire non à la violence", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur franceinfo.
"Ce qui est profondément choquant, c'est qu'en (...) 2024, la France insoumise a investi un membre fondateur de la Jeune garde en toute connaissance de cause. On savait déjà que la Jeune garde était un mouvement ultra-violent qui encourageait ce type d'action, qui était structuré pour ça, qui formait ses membres pour ça, et donc ils l'ont fait en toute connaissance de cause", a-t-elle ajouté.
L'ex-président socialiste François Hollande a pour sa part déclaré que, s'il était confirmé qu'un ou plusieurs collaborateurs de Raphaël Arnault étaient mis en cause dans la mort de Quentin Deranque, le député "devrait en tirer toutes les conséquences".
LFI APPELÉ À EXCLURE LE DÉPUTÉ RAPHAËL ARNAULT
"Je crois suffisamment grave sur le plan institutionnel, quand un député a un collaborateur qui lui-même est partie prenante - nous verrons à quel niveau - du lynchage, que sur le plan personnel même, il en tire les conséquences. Son parti politique peut aussi l'y inciter, mais il y a une responsabilité personnelle", a-t-il dit sur BFMTV.
Reprochant au parti de Jean-Luc Mélenchon d'avoir accepté un lien avec la Jeune garde, "qui fait du combat physique son but et sa méthode", François Hollande a ajouté que ce lien devait être "rompu entièrement" par LFI, formation avec laquelle, a-t-il dit, "la relation (...) est terminée".
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a interdit à Jacques-Elie Favrot d'accéder au Palais Bourbon, a jugé mercredi que LFI devait s'interroger sur l'opportunité de maintenir Raphaël Arnault dans ses rangs.
"On a un député qui a été élu, (...) on entend la façon dont il fait de la politique, on entend les idées qu'il porte, on entend que le mouvement dont il est à l'origine est à l'origine de troubles et de troubles répétés, ça n'a pas commencé hier et donc c'est au parti politique aussi de s'interroger, puisqu'il a été élu, 'est-ce que c'est bien normal d'investir ce type de personne ?'", a-t-elle dit sur TF1.
MÉLENCHON REJETTE "LES LEÇONS" DE LECORNU
Mis en cause par plusieurs témoins sur les réseaux sociaux, Jacques-Elie Favrot s'est mis en retrait de ses fonctions vendredi dernier.
"Dès hier avant d'apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l'Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat", a déclaré mardi soir Raphaël Arnault sur le réseau social X. "A l'enquête désormais de déterminer les responsabilités", a-t-il ajouté.
Mis en cause dans l'après-midi à l'Assemblée par le chef du gouvernement et le ministre de la Justice Gérald Darmanin, Jean-Luc Mélenchon avait auparavant déclaré mardi qu'il rejetait "les leçons de Sébastien Lecornu".
Une enquête a été ouverte pour "homicide volontaire" après l'agression, jeudi dernier, de Quentin Deranque, étudiant de 23 ans qui est décédé samedi à l'hôpital.
Les faits sont survenus en marge d'un rassemblement du collectif d'extrême droite Némésis contre la venue à Sciences-Po Lyon de l'eurodéputée LFI Rima Hassan.
Némésis, groupuscule auquel appartenait la victime, accuse la Jeune Garde, dissous en juin 2025, d'avoir tendu un "guet-apens" à ses militants.
Jacques-Elie Favrot avait démenti "formellement" la semaine dernière, par la voix de son avocat, toute implication dans le drame, qui a pris une tournure politique à l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars.
(Rédigé par Benjamin Mallet, avec Bertrand Boucey, Sophie Louet et Nicolas Delame ; édité par Blandine Hénault)